Entretien

On se souvient encore de lui comme représentant du mouvement étudiant. Ingénieur civil de formation, député fédéral jusqu’il y a peu, le Sprimontois Philippe Henry (Ecolo) est le nouveau ministre wallon en charge de la Mobilité.

Quel est votre sentiment quant aux négociations et quid de votre nomination ?

Il est clair qu’Ecolo a suscité une attente importante de la part des électeurs. Mais nous avons bien négocié et on a face à nous un accord de majorité très ambitieux. Ecolo se retrouve très bien dans ce projet qui est fouillé et cohérent. Il ne s’agit pas d’une simple superposition de couches de lasagne, une rouge, une orange et une verte En ce qui me concerne, même si j’étais une possibilité parmi d’autres, je n’ai pas vraiment été surpris d’être désigné ministre. Je suis fier mais conscient de toute la responsabilité de ma tâche. Cette présence au gouvernement représente un pari risqué tant pour moi-même que pour le parti.

Le risque n'est-il pas grand, en effet, de voir vos ambitions déçues, notamment en matière d'éthique ?

Le premier risque sera budgétaire. En effet, on a affaire à un budget difficile qui limitera les possibilités d’action. Pour le reste, on prend toujours un risque de décevoir les gens en participant à un gouvernement. Mais c’est aussi comme cela qu’on peut réaliser toute une série de choses. Concernant l’éthique, le projet gouvernemental contient des avancées considérables. Certes, les diverses mesures prévues devront être traduites dans les textes puis appliquées concrètement, ce qui ne se fera pas du jour au lendemain. Mais on est à l’aube d’une petite révolution en matière d’éthique.

Comment réagissez-vous aux propos de Bernard Wesphael, visiblement déçu de ne pas avoir été désigné ministre ?

On peut tout à fait comprendre sa déception. Il est d’ailleurs normal que de tels choix suscitent des déceptions. Mais très vite, il a repris sa place et il a apporté son soutien à la nouvelle majorité. Le rôle de chacun a son importance et il ne faut pas négliger le travail important effectué au Parlement wallon. Pour le reste, les personnes choisies pour être ministres sont certes du même âge mais ont des parcours et des origines différentes. Le simple fait d’être issu du mouvement étudiant n’est qu’un pur hasard et cela ne pose par ailleurs aucun problème.

Entre le dossier CHB, qui a été mis au frigo, et celui du tram, les dossiers liégeois ne manquent pas en matière de mobilité ?

Au sujet de CHB, je tiens à préciser que le projet est bel et bien stoppé. Il faut maintenant examiner les conséquences de cette décision et négocier des mesures concrètes. Concernant le tram, il s’agit clairement du projet prioritaire à Liège. Il faut désormais encore discuter du futur tracé mais cela ne doit pas hypothéquer le retour du tram à Liège dans un délai raisonnable. Il est également nécessaire d’avoir en la matière une réflexion globale. L’ASBL UrbAgora a d’ailleurs déjà émis plusieurs propositions intéressantes.

Quid des rumeurs annonçant des coalitions "Olivier" au niveau communal ?

Il faut analyser la situation au cas par cas. Mais il n’y a pas de lien automatique entre les niveaux wallon et communal. Ce qui doit compter avant tout, c’est le projet.