Un paysan, c’est quelqu’un qui est en connexion avec la terre et les consommateurs." Ainsi s’exprime Cédric Saccone, éducateur de formation reconverti en maraîcher biologique, en ouverture du film documentaire Sur le champ.

Ce dernier, lequel entend sensibiliser le public à l’urgence de construire de nouveaux modèles de production alternatifs, est projeté ce jeudi soir en avant-première à Liège. Réalisé par Michaël Antoine et Nicolas Bier pour le compte de SOS Faim, îles de Paix et Autre Terre, il fait partie de la sélection du festival Alimenterre. C’est ainsi que cette œuvre engagée, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler le film événement Demain du Français Cyril Dion, donne la parole à plusieurs acteurs du changement. Lesquels, résolument porteurs d’espoir, plaident pour une agriculture davantage durable, viable et juste.

Un témoignage liégeois

Alors qu’il sera programmé une seconde fois le 14 octobre prochain aux Chiroux à Liège, l’un de ses protagonistes nous en dit plus sur son parcours. À l’instar de Diamar et Mariam, deux agricultrices péruvienne et burkinabaise, Cédric propose à son échelle un modèle qui a fait ses preuves.

C’est donc ce qu’explique ce Remicourtois d’adoption, lequel a investi depuis 2015 et avec sa petite famille la ferme dite Au Moulin . Selon ses dires, il fut avec d’autres l’un des précurseurs d’une autre manière de concevoir l’agriculture en province de Liège.

Déjà impliqué dans nombre d’initiatives locales telles que les Petits Producteurs ou encore la Coopérative ardente , il oppose à la logique productiviste une approche agroécologiste. "Il s’agit d’une agriculture familiale sur petite surface", soit au total cinq hectares dont deux sont dédiés au maraîchage bio. L’objectif avoué de Cédric Saccone est "d’être le plus autonome possible et de tendre vers une agriculture résiliente". Si le bio et le local ont la cote, le risque de retomber dans des travers est épinglé. "Notre but n’est pas de grandir à tout prix, mais bien de faire en sorte que de telles initiatives se multiplient." Cela semble se confirmer puisque désormais, on compte environ 80 petits producteurs en province de Liège.

Bruno Boutsen