Liège Une exposition qui décortique le système concentrationnaire soviétique a débuté à la Cité Miroir.

C’est la première grande exposition organisée cette année par la Cité Miroir de Liège, soit ce lieu culturel qui est situé place Xavier Neujean, laquelle est gérée par l’ASBL Mnema, Centre pluridisciplinaire de la transmission de la mémoire. À savoir en l’espèce une structure qui a plutôt pour habitude, comme rappelé par son directeur Jean-Michel Heuskin, de réaliser un travail mémoriel autour de la Shoah.

Le fait de proposer une exposition autour du Goulag est donc également une première, cette exposition ayant par ailleurs déjà été présentée au Musée de la résistance et de la déportation de Grenoble. "Tout le monde ou presque en a déjà entendu parler mais personne ne sait ce dont il s’agit précisément", a souligné ce dernier.

Présentée pour la première fois en Belgique, cette exposition largement documentée décortique ce système concentrationnaire extrêmement organisé. Lequel, mis en place sous Staline en Union soviétique, désigne par extension les "camps de travail correctif" où sont passés des millions de citoyens durant une trentaine d’années.

Réalisée en collaboration tant avec Nicolas Werth, historien français émérite et spécialiste de l’Union soviétique, qu’avec Irina Galkova, directrice russe de l’association Mémorial, cette exposition traite d’un sujet relativement peu abordé. "Il s’agit en réalité de la troisième grande exposition sur ce thème après celles de Genève et de Berlin", a précisé le premier cité. Et de déplorer une absence de la mémoire liée au Goulag.

Combler un vide

Pour ce dernier, commissaire scientifique de l’exposition, tout comme pour Irina Galkova, présente ce vendredi pour une conférence inaugurale, plusieurs raisons expliquent cet état de fait. À savoir "l’effet Stalingrad" qui associe Staline et l’Union soviétique à cette bataille ayant défait Hitler mais aussi "le grand silence" imposé en Russie ainsi qu’une certaine forme d’oubli et un manque de connaissance du sujet.

L’exposition, laquelle s’inscrit par ailleurs dans l’actualité en ce qu’elle suit de près la diffusion du film documentaire Goulag, une histoire soviétique du réalisateur Patrick Rotman, comble donc un vide.

Conçue chronologiquement et thématiquement, elle remonte aux origines de ce système de travail forcé, le plus important en Europe, analysant le laboratoire qu’il a un temps été avant de s’étendre davantage. Documents inédits et autres pièces uniques permettent aux visiteurs de plonger au cœur du Goulag.

Et ce, jusqu’au 31 mai prochain, en visite libre ou au travers de visites guidées (avec lunchs et nocturne).

Bruno Boutsen