Depuis dimanche, un petit air de contestation flotte dans les anciens ateliers communaux des serruriers de Liège, rue Hocheporte, 8. Une vingtaine de squatters s’est en effet installée dans les bâtiments, à l’abandon depuis quatre ans, afin de créer un "Centre autogéré d’actions sociale et culturelle". En quelques jours, les locaux ont été dépoussiérés, réaménagés, raccordés au réseau électrique et les premières activités ont déjà eu lieu : projections cinéma, ateliers cirque et restaurant à prix libre rythment désormais la vie du quartier.

"La cohabitation avec le voisinage se passe très bien , explique Greg, l’un des nouveaux occupants. Beaucoup de voisins sont venus donner un coup de main dimanche, lors de l’emménagement. Les enfants se montrent très curieux". Le nouveau centre social occupé (CSO) se veut ouvert sur le quartier pour, avec lui, construire des alternatives et renouer du lien social.

Prendre possession de lieux abandonnés pour y créer des "laboratoires de vie et d’échanges", le collectif avait déjà lancé l’idée en octobre 2008, avec le "squat" du Laveu, rue Chauve-Souris. "Nous avions à l’époque transformé un lieu abandonné en lieu vivant. Aux activités sociales et culturelles que nous avons organisées, on nous a répondu par des procès et des agressions. S’en sont suivies une expulsion et la destruction du bâtiment, raconte le collectif. À l’époque, le bourgmestre nous avait proposé de nous aider à trouver une solution. Ne voyant rien venir, on s’est dit qu’il serait plus facile de discuter en étant déjà en place dans un bâtiment de la Ville".

Pierre Reuter, attaché de presse du bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (PS), commente : "Dès que nous aurons reçu le rapport de police, les négociations pourront débuter. Mais il n’y aura pas d’affrontement, la discussion sera privilégiée. La loi ne prévoit pas d’expulsion s’il n’y a pas de nuisances, nous essayerons de trouver une solution qui convient à tout le monde".

En attendant la décision du collège, la vie s’organise rue Hocheporte. Bien que personne n’y habite, l’endroit étant exclusivement destiné aux projets culturels, politiques et sociaux, les travaux encore à réaliser sont nombreux. "Il faut refaire le plafond du garage, rénover certaines pièces", précise Greg. Un magasin gratuit de vêtements est déjà en place, ainsi que le restaurant à prix libre. Un atelier pour vélos est attendu, ainsi que, peut-être, une école de devoirs pour adultes.