Né en Algérie où il étudia la gestion hôtelière, Nabil Seggaï a fait sa vie à Liège depuis 1979, marié à une Liégeoise. Il y conquit un diplôme économique à l’Université de liège. D’abord assistant chef de réception à l’hôtel Ramada - l’actuel Mercure -, il en devint directeur commercial en 1983. Dix ans plus tard, il dirigeait le Bedford, le nouveau "quatre étoiles" du quai Saint-Léonard, qu’il quitta en juillet dernier pour se préparer à piloter le Crowne Plaza.

Pourquoi réorienter votre carrière, à 56 ans ?

Parce que j’ai l’impression de renaître. Il y a une sorte de vitalité qui vous pousse. Je sentais que le marché serait mûr en 2010 pour une offre additionnelle de haut de gamme. A trois conditions. D’abord sous une marque reconnue internationalement. Et c’est celle du plus grand opérateur mondial, Intercontinental Hotels Group (IHG). Puis un investisseur sérieux. C’est le Français Olivier-Noël Martin, désormais propriétaire via sa société Royal Sélys, opérant sous franchise de Crowne Plaza, l’enseigne de référence d’IHG. Ensuite, le professionnalisme, impliquant la connaissance du secteur autant que de la "culture" liégeoise. Pour ce management, on a bien voulu me faire confiance.

Vos quinze années au Bedford - aujourd'hui Ramada Plaza - vont vous aider.

Il faut parfois rester sourd aux sirènes. Malgré les sceptiques, il devint rapidement naturel d’organiser des séminaires à Saint-Léonard ou d’y héberger une délégation américaine : à dix minutes à pied du cœur historique. Mais ce fut pour moi un lobbying intense, comme celui que j’entreprends à nouveau pour le Crowne Plaza. Je mise d’abord sur l’international, via le réseau d’Intercontinental. Puis sur la proximité de Bruxelles, à 40 minutes de TGV, sans parler de Maastricht. Il y a aussi la Flandre, qu’une collaboratrice prospecte à temps plein. Tout cela doit attiser la curiosité des Liégeois, pour qu’ils amènent une part de la clientèle par leurs propres courants d’affaires et de tourisme.

Un hôtel exclusif, sans exclusivité ?

Je veux l’intégrer dans la vie liégeoise. Croyez celui qui est venu de loin et à qui Liège a tout donné : ce qu’on appelle ici la convivialité, c’est l’amour de la cité, une identité chaleureuse et le partage des centres d’intérêt et des savoir-faire. Ce qui exprimera réellement la cinquième étoile du Crowne Plaza, c’est l’offre de ces valeurs, dans un écrin patrimonial du XVIe siècle, sous les verrières d’une salle de bal, dans des jardins et des terrasses sur la ville. D’autant que ces espaces seront ouverts à tous : restaurant, brasserie, bars, lieux de fêtes, points de vue, "spa"

Encore faut-il embellir les abords...

La Ville doit respecter ses engagements : activation du "plan lumière" au Mont-Saint-Martin, éclairage et réparations rue de la Montagne et aussi rue Basse-Sauvenière, à rouvrir en totalité. Et sur les friches du Cadran, soutien aux promotions privées dont dépendent nos 70 places de parking souterrain. Ces enjeux d’image sont capitaux, car l’enseigne Crowne Plaza va donner une visibilité énorme à la "destination Liège" qui, partout, voudra dire "cinq étoiles".