C’est une nouvelle à moitié attendue qui est tombée hier matin, à savoir l’annonce faite par le groupe Kinepolis de ne pas réaliser le projet de cinéma prévu au sein du complexe de la Médiacité, dont l’important pôle commercial vient pour rappel d’être inauguré le mois dernier.

Les raisons invoquées par le groupe pressenti pour réaliser ce complexe cinématographique de six salles sont les mêmes que celles que ce dernier avait invoquées l’été dernier lors de la décision, prise de commun accord avec le promoteur de la Médiacité et développeur du projet, Wilhelm&Co, de suspendre cet important projet. À savoir, principalement et selon les termes utilisés, "les procédures judiciaires persistantes en matière de concurrence", lesquelles ont été intentées par UGC, soit le groupe international concurrent de Kinepolis.

Compte tenu essentiellement d’une procédure judiciaire longue et coûteuse et malgré des frais d’étude et de développement activés à concurrence de 500000 euros, le groupe Kinepolis a donc décidé de se retirer du projet. "Il était plus raisonnable pour nous d’arrêter ici les frais et les efforts", souligne Myriam Dassonville, la directrice de la communication du groupe, qui précise que "l a porte n’était pas vraiment ouverte à la Médiacité pour un projet Kinepolis". Quant à savoir si cette décision ouvre la voie à un éventuel projet UGC, cette dernière se veut plus circonspecte : "Je crois savoir qu’il n’y a plus vraiment de projet UGC".

Contacté par nos soins, Peter Wilhelm, le CEO de Wilhelm&Co, y va de son explication. "Cette décision s’inscrit dans une logique d’actions judiciaires intentées par UGC", rappelle-t-il ainsi, précisant avoir été assigné par ledit groupe, qui considère être le premier contractant et qui a déjà été débouté à deux reprises, avant que ce dernier ne "s’attaque", en matière de concurrence, au groupe Kinepolis. Un relatif acharnement que Peter Wilhelm n’hésite pas à mettre sur le compte de "la situation difficile d’UGC" qui, selon ce dernier, n’a pas les moyens de ses ambitions et fait montre d’"une volonté de nuire" en utilisant "des procédés dilatoires".

Malgré cela, et non sans un certain sens de la provocation, le "patron" de Wilhelm&Co, qui assure qu’"il y aura bel et bien un cinéma à la Médiacité", envisage de se retourner vers le concurrent de Kinepolis afin de mettre ce dernier "au pied du mur". Pour le reste, il affirme que des discussions sont actuellement en cours avec un autre opérateur international et que "plusieurs solutions sont possibles" dont celle consistant en ce que la société promotrice gère le futur complexe en tant que franchisé dudit groupe.

Du côté d’UGC Belgique, son directeur général Bruno Plantin Carrenard préfère ne pas rentrer dans "une polémique stérile" et rappelle que "la position d’UGC est toujours la même". "On a toujours voulu s’implanter à la Médiacité et on y tient toujours mais si on y va, c’est dans le cadre de notre projet initial", souligne ainsi Bruno Plantin Carrenard. À savoir l’installation de seize salles et de 4000 fauteuils, un projet qui n’est en rien compatible avec celui du développeur Wilhelm&Co Cela promet en tout cas!