On le sait, le développement de l’internet et plus généralement de l’espace numérique est allé de pair avec l’apparition d’une criminalité informatique, que l’on nomme cybercriminalité. Laquelle recouvre plusieurs réalités et regroupe l’ensemble des infractions susceptibles de se commettre sur ou au moyen d’un système informatique généralement connecté à un réseau. En Belgique comme ailleurs, les autorités policières et judiciaires ont d’ailleurs tenté de parer à cette nouvelle forme de criminalité en mettant sur pied, il y a plusieurs années, des cellules y dédiées. C’est ainsi par exemple qu’une "Computer Crime Unit", laquelle compte plusieurs divisions régionales dont une est localisée en région liégeoise, fut créée au niveau de la police fédérale. Mais le plus souvent, lorsqu’il est question de piratage informatique ou encore de hacking (voir ci-contre), ce sont des entreprises qui en sont victimes, ou alors des particuliers mais à un niveau plus faible.

L’affaire dont la "Gazette" a eu vent et qui fait actuellement l’objet d’une instruction judiciaire au parquet de Liège a de quoi faire froid dans le dos. Elle concerne la famille Noël, de Grâce-Hollogne, qui dit vivre un véritable enfer depuis plus d’un an Époque à laquelle un premier dépôt de plainte contre X est effectué auprès de la zone de police Ans-Saint-Nicolas. En cause : le fait que les membres de la famille se sont rendus compte d’une intrusion dans leur système informatique. Très vite, les parents de Loïc, le principal concerné dans cette affaire, se mettent à suspecter une famille de Saint-Nicolas avec laquelle ils entretenaient des relations amicales. Mais aucune preuve matérielle ne peut être fournie par la famille Noël pour corroborer ses dires. Les mois passent et les faits de hacking, s’apparentant ici à du harcèlement moral, ne cessent pas, que du contraire. Après les ordinateurs de la famille dont ont pris possession les hackers présumés, c’est en effet la téléphonie de ses membres qui est piratée. Des faits difficiles à expliquer et même à croire mais une instruction est tout de même ouverte à l’initiative du parquet et du juge d’instruction Dominique Lizin. La "Computer Crime Unit" de la police fédérale est également sur le coup mais les choses n’avancent pas assez vite au goût de la famille Noël.

D’autant que les faits de harcèlement se succèdent et prennent un caractère de plus en plus inquiétant au fil des mois. Le point culminant de cette affaire se déroule lors du stage effectué en Crète, au mois de juillet dernier, par le fils, étudiant en archéologie-histoire de l’art à l’Université de Liège. Lors de son séjour, Loïc Noël fut en effet emprisonné durant deux jours Ce qui a mis le feu aux poudres : un message reçu par l’aéroport d’Héraklion indiquant que ce dernier allait commettre un attentat. Rien que cela, direz-vous ! Le hic, et c’est d’ailleurs tout le problème dans cette affaire à peine croyable, c’est que la source identifiée était Loïc Noël lui-même D’où son arrestation pour "faits de terrorisme" à laquelle a succédé une assignation à résidence. Avant qu’il puisse regagner la Belgique avec ses parents, décidés à prouver son innocence - la procédure judiciaire étant désormais enclenchée en Grèce - et surtout à trouver la cause de leurs problèmes. Des problèmes qui ont pris ces derniers jours une autre ampleur puisqu’aux dires des parents, leur fils aurait été menacé physiquement par une personne, lui disant d’"arrêter de chercher". Bien qu’assisté par un avocat grec et un conseil belge, lequel compte d’ailleurs solliciter, avec son accord, une expertise psychologique du fils, les parents se disent plus que jamais livrés à eux-mêmes