A Horion-Hozémont, aux alentours de la rue de la Boverie, c’est l’inquiétude. Les derniers occupants, une association de protection animale (Animal sans toi t) et quelques fermiers, se demandent s’ils vont être expulsés. Leurs fermes se situent à la limite de la zone à démolir en vue de l’extension du zoning d’activités économiques de Liège Airport. Tous sont liés par des baux d’un an à la Sowaer (la Société wallonne des aéroports, propriétaire des terrains) et ils craignent que leur volonté de rester dans leurs murs ne pèse pas lourd face à celle d’une entreprise désireuse de s’implanter dans le zoning.

"Début janvier, des représentants de la Sowaer sont venus visiter nos installations parce que les murs de notre ferme présentaient des fissures. Nous avons pensé qu’ils voulaient nous mettre à la porte mais, quinze jours plus tard, la Sowaer nous a informés que la première partie du projet d’extension du zoning ne concernait pas nos terrains et que nous pourrions rester jusqu’en 2025", indique Fabrice Renard, un des responsables d’Animal sans toi t.

Loin d’être rassurée sur son sort, l’association, qui héberge des animaux abandonnés ou saisis pour maltraitance, désire acheter sa ferme et occuper des terrains aux alentours afin de pérenniser ses activités. "On pourrait créer un hall pour nos chiens et chats qui s’intégrerait dans le zoning", suggère Fabrice Renard. Le directeur de l’antenne liégeoise de la Sowaer, Gérard Rouffart, répond aux interrogations posées par l’ASBL. "Le calendrier de déploiement du zoning prévoit effectivement les expulsions en 2025. Mais nous ne pouvons pas garantir que les occupants pourront rester jusqu’à cette date, si des opportunités de développement économique se présentent à nous d’ici là. Les entreprises qui s’installeront dans le zoning auront des activités liées à l’aéroport. Un refuge pour animaux n’entre pas dans cette catégorie. Concernant la ferme de l’ASBL, nous cherchons une société qui procéderait à une analyse de stabilité du bâtiment. S’il était déclaré dangereux, nous ne pourrions pas céder davantage de terrains à l’association car elle devra de toute façon partir."

L’an dernier, huit fermiers ont reçu un avis d’expulsion mais quatre d’entre eux ont pu récupérer leurs terres, moyennant une convention d’occupation précaire gratuite. "Nous allons mettre en route un processus de réattribution officielle de ces terres. Il est probable que les quatre occupants actuels introduisent une demande d’occupation et l’obtiennent. Leur situation sera donc régularisée", précise Gérard Rouffart.