Gazette de Liége

Sur le kiosque du parc d'Avroy, le président de la FGTB Liège-Huy-Waremme Marc Goblet et les deux socialistes liégeois du gouvernement wallon, Jean-Claude Marcourt et Michel Daerden.

L'assistance a déjà été plus étoffée pour un premier mai - mais il fait si beau ce dimanche. D'ailleurs, on se dépêche. Des cars ont été affrétés pour aller écouter «Elio» au Grand Hornu. Alors...

Quelques jours après la fermeture du haut-fourneau n° 6, qui marque le début de la fin de la sidérurgie chaude dans la région, les priorités sont au redéploiement et à l'emploi. «Faire revenir le communautaire sur le tapis alors que les vrais problèmes des gens sont tout à fait ailleurs, je pense avec bon nombre de mes amis que cela est indécent!» lance Michel Daerden.

L'Europe en prend aussi pour son grade, du moins celle de Bolkestein, de la libéralisation des marchés... «J'appelle, lance Marc Goblet, les mandataires socialistes à bien mesurer que le traité constitutionnel reprend le même principe.»

Le hasard ayant bien fait les choses, les deux orateurs ministériels représentent les deux principaux clans qui s'affronteront lors de l'élection d'un nouveau président de la Fédération, du 13 au 15 mai. Le candidat Demeyer est en phase avec Marcourt, son concurrent Janssens a les yeux de Chimène pour Daerden. Ce dernier, seul à évoquer la joute dans son discours, s'en tient à un appel: «Non aux vaines querelles! Oui au consensus des forces vives et des partis démocratiques!»

Suit le défilé - majorettes, fanfares, Faucons rouges, mutualités, sections communales... - qui, en s'étirant au maximum, «fait» vingt-cinq minutes de la tête à la queue. Ceux qui se veulent plus tendance se retrouveront aux animations, musicales notamment, programmées par le syndicat et l'associatif place St-Paul, à moins qu'ils ne rejoignent la parade haute en couleurs, à défaut de faire vraiment nombre, des collectifs de sans-emplois, précaires, intermittents... réunis sous la bannière d'EuroMayDay.

© La Libre Belgique 2005