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Il s’agit d’un retour aux sources pour l’Université de Liège (ULg). Au travers de plusieurs projets, l’idée est désormais de réinvestir le centre-ville de la Cité ardente. Un centre-ville que l’ULg avait délaissé dans les années soixante suite à la volonté exprimée par le recteur de l’époque, Marcel Dubuisson, de donner "un esprit de corps" à la communauté universitaire. D’où la construction progressive, sous la houlette de l’architecte Claude Strebelle, du campus du Sart Tilman, sur les hauteurs de Liège, jugé idéal pour y implanter ce que l’on appelait alors "l’université liégeoise du 21e siècle". Une université dans la nature. Reste que cinquante ans plus tard, c’est le mouvement inverse qui semble se profiler à l’horizon. Soit un retour en ville.

Des salles de cinéma devenues amphis

Ce dernier se matérialise par deux projets d’ampleur dont l’un est en cours de finalisation. Il s’agit de l’investissement par l’ULg des six salles de l’ancien cinéma Opéra qui ont été transformées en amphithéâtres. D’une superficie totale de 2500 m2, la taille de ces amphis est variable, allant de 90 à 500 places. Le nouveau complexe Opéra, dont l’ouverture est prévue d’ici un mois, comportera aussi des espaces sanitaires et une salle des profs. Ainsi que l’explique Christian Evens, le directeur des ressources immobilières de l’ULg, "le chantier fut plus compliqué que prévu et les accros se sont succédé, mais on y est arrivé". L’ULg a joué de malchance - l’ouverture était prévue en septembre dernier - et la façon de faire de l’entrepreneur n’a pas été exempte de tout reproche, si l’on en croit Christian Evens. C’est en mars que les premiers étudiants investiront les lieux. Des lieux qui seront modulables et pourront accueillir divers événements. Le budget global de l’investissement est estimé à 6,3 millions d’euros.

Plus de place pour les étudiants de HEC

Autre lieu, autre projet : c’est du côté de la rue Saint-Gilles et de l’ancien complexe Montefiore que du neuf se prépare également. Il y est prévu une rénovation de ce bâtiment classé anciennement occupé par l’institut Lambert Lombard et dans lequel doivent être aménagées quatorze salles de cours et de séminaires. Un amphithéâtre de plus de 300 places y est aussi envisagé ainsi que des locaux administratifs. "L’idée est de pouvoir y accueillir plus de 800 étudiants, provenant essentiellement de HEC", précise Christian Evens. Une partie du futur complexe, à savoir le bâtiment situé en front de rue, sera réservée à l’Institut supérieur des langues vivantes. Le montant des travaux est conséquent puisqu’il est de l’ordre de 7,5 millions d’euros. Lesquels devraient être subsidiés, à hauteur de 80 % espère l’ULg, par le ministre wallon en charge du Patrimoine. Un ministre dont cette dernière attend la décision avec impatience. De manière à pouvoir débuter le chantier, qui durera un an et demi, d’ici fin de cette année.

Enfin, il importe de signaler que l’ULg ne se désintéresse pas du campus du Sart Tilman. Un vaste projet de réaménagement de la zone nord est à l’étude et prévoit de relier les amphis de l’Europe à la faculté des sciences appliqués via un nouveau chemin de liaison. Le long duquel doivent être construits divers bâtiments pour un montant de plus de six millions d’euros. La construction d’un bâtiment d’accueil, sis à proximité des amphis de l’Europe, va également débuter de même que celle de nouveaux bureaux polyvalents au lieu-dit "prairie aux chevaux". Budget de l’investissement : près de deux millions d’euros. Pour être complet, l’ULg envisage aussi la construction, pour un montant de quelque sept millions d’euros, d’un nouveau "magasin à livres", en vue d’offrir des conditions de conservation optimales, et a un important projet de développement du site de la faculté de médecine vétérinaire.