Des élèves sont partis en Tanzanie pour soutenir l’Opération de ces 11, 12 et 13 janvier.

Le grand collège liégeois de la rue Saint-Gilles et les Îles de Paix vivent depuis près d’un demi-siècle une belle histoire d’amour.

Lancée par les scouts et prolongée par l’école, la récolte de fonds au profit de l’ONG rassemble pendant un long week-end les forces vives de l’établissement. Plus de la moitié des professeurs de Saint-Benoît Saint-Servais y collaborent aux côtés d’anciens et de nombreux jeunes qu’on retrouve aux quatre coins de la ville pour vendre modules, bracelets et essuies.

Au-delà de cette nécessaire collecte, l’école fait vivre l’éducation à la citoyenneté dans son aspect respect et fraternité décliné sur un plan mondial et solidaire tout au long de l’année scolaire. Cerise sur le gâteau, en mars 2018, les Îles de Paix ont invité le collège à un voyage en Tanzanie.

Trois enseignants, deux accompagnateurs de l’ONG et une vingtaine de grands élèves sont allés sur le terrain pour apporter autant de témoignages de leur vécu sur un marché, dans une école, sur la gestion des terres et l’accès à l’eau.

"J’ai vu, dit Lison Corbisier, rhétoricienne, des condisciples effacer les larmes qui leur perlaient aux yeux et certains même pleurer en voyant 50 ou 60 élèves entassés par classe et tant de jeunes et d’adultes mendiant dans toutes les rues d’Arucha. Ce sont aussi des enfants qui gardent les troupeaux et les mènent boire, parfois très loin."

"Certains petits avaient peur de nous car ils n’avaient jamais vu de Blancs. Ma correspondante, à qui je demandais ce que je pouvais lui offrir, a désiré des fruits et légumes pour sa famille pendant une semaine. Un coût de 40 centimes d’euro et… un sourire qui valait tout l’or du monde."

Une soixantaine d’étudiants avaient manifesté de l’intérêt pour ce projet. Il fallut les départager au moyen d’une lettre de motivation lue par les professeurs et une direction - M. Ruisseau - qui a pour les Îles de Paix plus que les yeux de Chimène.

Afin de faire baisser les coûts - mutualisés car l’argent ne devait pas être un obstacle au voyage - les élèves et professeurs mirent la main à la pâte. Au menu : car wash, vente de gaufres, marche parrainée et recherche de sponsors en un temps record…

"Nous voulions des élèves motivés"

"Nous voulions des élèves motivés par le voyage, la nécessaire formation à suivre - en soirée, sur le temps de midi, le week-end - et la sensibilisation qu’ils devaient faire passer auprès des plus jeunes de 1re et 2e secondaires à leur retour, souligne Evy Demarcin, porteuse du projet. L’ONG Îles de Paix ne travaille pas dans l’urgence mais mène des actions dans la durée. Si elle est toujours sur place c’est que des problèmes persistent, sans quoi elle se retirerait tout de suite."

Parmi ses objectifs : apprendre aux populations du Sud à mettre en place une agriculture familiale durable. Faire comprendre que celle-ci répond aux problèmes de nutrition actuels tandis que l’agrobusiness ne porte aucun fruit. La population souffrant de malnutrition est agricultrice elle-même.

Pour s’ancrer dans la vie et la mentalité locales, chaque élève avait un jeune correspondant sur place dans la ville d’Arusha. Les échanges se faisaient en anglais entre ces jeunes mais aussi avec des techniciens locaux implantant pour les habitants des points d’eau différents de ceux où les vaches s’abreuvent. "Les élèves, poursuit Mme Demarcin, sont aujourd’hui des passeurs de mémoire. Nous avons voulu éveiller leur conscience de la citoyenneté mondiale et solidaire. Un montage de photos numériques est prévu pour le mois de mars, histoire de montrer - et de prouver - à tous élèves, parents, amis la portée de notre voyage."