Un édifice monumental au centre de Verviers, un style néogothique lui donnant l'allure d'une cathédrale, un double cloché quasiment unique placé dans le sens de la nef, une position dominante en surplomb de la Ville, sans parler des vitraux, faisant partie des plus remarquables de Wallonie...: Sainte-Julienne, église (non classée) construite entre 1902 et 1905, n'en est pas moins dans un piteux état. Et le problème n'est pas neuf.

Cela fait en effet plus de six ans que le bâtiment connaît d'innombrables problèmes nécessitant une restauration urgente. Tout récemment, une nouvelle initiative, non dénuée de sens, s'est constituée pour la sauvegarde de l'église avec la création du comité "Pour que vive Sainte-Julienne". Son objectif est clair : "Obtenir des pouvoirs publics les décisions nécessaires et les fonds débloqués afin de restaurer l'église".

Lieu cultuel... et culturel

Sans doute la course aux subsides commençait-elle à lasser , voire à s'essouffler...

C'est en 2000 en effet, après une série de travaux de moindre envergure dans les années 90, que les problèmes d'infiltration ont commencé. Rien de très grave à l'époque mais depuis, tout a évolué. Après d'importantes pluies cet été, "l'eau tombait au goutte-à-goutte à l'intérieur", remarque Maurice Moulan, président de la fabrique d'église. Aujourd'hui, les travaux concernent donc l'isolation des murs extérieurs, la toiture de la nef mais aussi le plafonnage intérieur et la protection des vitraux.

Face à ces dégradations croissantes, mais surtout face au triple report des travaux dans des plans triennaux ultérieurs, Yves Willemaers, membre de la fabrique, a décidé de prendre le taureau par les cornes en créant ledit collectif. Un autre moyen de pression qui désire élargir l'horizon de l'édifice. "Ce que je veux, c'est d'abord redynamiser la communauté, explique-t-il, notamment en organisant à l'église des concerts, des expositions ou encore des visites pour découvrir le patrimoine intéressant qu'elle représente". Clairement, "pour montrer qu'il ne s'agit pas simplement de maintenir des murs". Le nouveau comité s'est donc pensé comme une structure "plus libre", visant à rallier à sa cause le plus grand nombre de citoyens possible. Il invite tout qui le désire à oeuvrer pour la sauvegarde du lieu.

Maurice Moulan s'est dit très satisfait de l'initiative. D'autant que si les dégradations évoluent, le coût de celles-ci aussi. "Les dernières estimations évaluaient les travaux à 850.000 euros, précise le président. Sans doute sont-elles aujourd'hui plus importantes". Notons que rien que la pose d'un échafaudage - non aisée , étant donné le bâtiment - revient à 50.000 euros. Cap sur les subsides 2008 et 2009. Et d'ici là, les vitraux seront peut-être classés ?