Ce Hutois de 30 ans est nouveau député à la Chambre des représentants.

Hutois depuis toujours, c’est dans la maison de ses parents, située rue du Mont Falise, sur les hauteurs de Huy - où il restera jusqu’à ses 18 ans - qu’il nous reçoit. Une maison bordée de cent pieds de vigne plantés "par papa avec l’aide de mon Nonno". Des vignes qui symbolisent ses racines : celles d’un grand-père paternel immigré italien venu s’installer à Tilleur, "en face des usines Cockerill", et d’un grand-père maternel espagnol. De cette famille multiculturelle, "où l’on parle espagnol et italien aux repas de famille et très fort", il en tire ses valeurs : "J’ai toujours été très attaché à construire des ponts, à aller au-delà des frontières."

La politique ? "C’est quelque chose qui me passionne depuis tout petit". À dix ans seulement, il relaie les demandes du quartier au conseil communal des enfants à Huy.

Six mois aux États-Unis

À 14 ans, il s’engage chez Écolo. "On était en 2003, après la grosse défaite d’Écolo. Je voulais rejoindre ce mouvement car il était synonyme de politique autrement, plus proche des citoyens." Avec d’autres jeunes Écolo, il crée la régionale Écolo pour l’arrondissement de Huy-Waremme et passe son temps libre dans des actions, comme la défense du parc des Récollets.

À 18 ans, son envie de découvrir le monde et d’apprendre d’autres langues le fait voyager six mois aux Pays-Bas, comme étudiant d’échange, puis six mois aux États-Unis. De retour au pays, il tire le fruit de cette expérience pour s’inscrire en droit à la KU Leuven et réaliser un Erasmus au King’s College de Londres. Il décrochera son Master en droit international à la faculté de droit à Harvard, aux États-Unis.

À son retour , en 2015 à Huy, il est appelé pour remplacer un conseiller communal démissionnaire. Il renoue alors avec sa passion première : l’écologie politique. "Je retrouve une équipe motivée et dynamique", qui deviendra second parti à Huy lors des élections d’octobre 2018, sans toutefois entrer dans la majorité.

Des ponts entre le Nord et le Sud

"J’aime arriver au conseil communal avec une nouvelle idée et relayer les demandes de terrain de citoyens qui ne sont pas nécessairement écoutés".

Deuxième sur la liste pour la province de Liège, il est élu député à la Chambre en mai dernier. Fort de son parcours local et international, et de son envie de se battre "pour une transition écologique et solidaire", ce chercheur en droit international à la KU Leuven se sent plus qu’à sa place au Parlement fédéral.

"Je suis dans un groupe Écolo-Groen où tout se fait en français et en néerlandais." Dans un contexte politique difficile, "j’ai aussi un message positif d’espoir à apporter : ensemble, on est plus forts !"

Tel un député bâtisseur, il entend construire des ponts entre le Nord et le Sud du pays, entre ce dernier et l’international ou encore entre le citoyen et le politique. "L’urgence climatique dépasse les frontières, on n’y arrivera pas seuls en restant dans notre coin."

Pour cet habitant du Quadrilatère à Huy, qui a grandi à côté de la centrale nucléaire de Tihange, "c’est mon devoir de demander la transition énergétique. Des initiatives existent, elles ne demandent qu’à être encouragées".