Le ministre régional wallon dit œuvrer à une entente avec la Communauté germanophone dans le cadre de la scission de NosBau.

Assurer la continuité, apaiser et coopérer : le ministre wallon du Logement Pierre-Yves Dermagne (PS) se veut rassurant dans le dossier de la scission linguistique de la société de logement social NosBau (lire notre édition de ce mardi). Il dit vouloir s’en tenir à la décision de la Société wallonne du Logement (SWL) consécutive au transfert de la compétence de la Région wallonne vers la Communauté germanophone à partir de janvier 2020.

Scission de NosBau il y aura et ses cinq communes francophones s’associeront bien avec le Foyer malmédien plutôt qu’avec Logisvesdre. Pour une période transitoire, le ministre dit œuvrer à une entente avec la Communauté germanophone dont le ministre Antoniadis (SP) avait fait valoir sa volonté d’exercer au moins sa part de tutelle. Les deux ministres se rencontrent ce vendredi 23 novembre.

Dans un premier temps, le ministre Dermagne avait signalé que "la SWL remplira ses missions, à titre transitoire, sur le territoire de la région de langue allemande pour le compte de la Communauté germanophone, jusqu’à une date à déterminer par les deux gouvernements". Au nom de son "souci de bonne gouvernance", il dit à présent "ne pas vouloir conserver à tout prix l’exercice de la tutelle" pourvu qu’elle soit "effective sur chacune des sociétés publiques déployant ses activités en région wallonne". L’esprit de concertation affirmé n’a pas prévalu au début de l’opération du transfert de compétences. La volonté affirmée des communes associées de continuer à coopérer au sein de leur bassin de vie même sous deux autorités a été bafouée et sacrifiée sur l’autel de l’autonomisme linguistique.

6 millions par an

Pourtant, l’échelle de la région germanophone ne coïncide pas avec un marché immobilier cohérent sur lequel peut intervenir une société de logement social. Elle n’est pas, à ce titre, l’échelon censé, selon le principe de subsidiarité si souvent invoqué par les partis, être celui qui est le plus proche des citoyens. Pour l’outil qui répondait à cette exigence, son démantèlement apparaît comme absurde.

Le surplus d’autonomie germanophone gagné pèse 6 millions d’euros par an. Un montant dérisoire puisqu’outre le logement, il devra financer les projets sur l’aménagement du territoire, l’urbanisme - y compris les rénovations de places publiques - et les primes d’énergie. D’ores et déjà, le ministre Antoniadis a annoncé une digestion de près de cinq ans.