En 2005, un vaste terrain vague couvrant quelque 8 500 m², à l’angle des rues Maghin et Vivegnis, dans le quartier St-Léonard, est mis en vente, pour 250000 euros. "Avec d’autres personnes, nous cherchions un terrain pour un projet d’habitat groupé ", raconte Christian Delcourt, conseiller politique Ecolo à Liège et futur copropriétaire. " Ce terrain nous intéressait L’agence immobilière nous a alors mis en contact avec un autre groupe de personnes désirant la même chose que nous : devenir propriétaire à moindre coût, dans une démarche de développement durable". Le projet démarre alors, mi-2006, autour d’un groupe de 14 ménages dont les objectifs convergent.

Peu à peu, le noyau de départ s’étoffe, pour aboutir à un projet réunissant 26 copropriétaires, d’âges et d’horizons extrêmement différents : les "Zurbains" étaient nés. "Avant tout, nous voulions un projet multigénérationnel, cela nous paraissait beaucoup plus enrichissant", précise Philippe Schoenmaeckers, co-responsable du magasin bio "Al’Binète" et également futur copropriétaire des lieux.

Construire un tel projet dans le respect de tous et de chacun, cela prend du temps évidemment. Pour concevoir ensemble leur habitat groupé, les futurs habitants se sont réunis deux fois par mois pendant deux ans autour de l’architecte Jean-Marc Schepers, lui-même futur habitant, chargé de donner forme au projet. "La principale difficulté - et le principal attrait aussi - de ce projet, est qu’il émanait directement des futurs habitants, et non d’une société immobilière qui construit comme elle l’entend et puis vend ses maisons toutes faites. Ici, chacun faisait part de ses désirs, construisait selon ses goûts dans les limites de l’harmonie générale", souligne ce dernier.

Taux préférentiels pour les prêts, matériaux à prix avantageux et frais à diviser par 26, l’achat groupé semble une solution alternative intéressante en ces temps de crise. Philippe Schoenmaeckers commente : "L’habitat groupé, c’est des compromis, mais également beaucoup d’avantages. Les économies d’échelle que nous allons réaliser vont nous permettre de construire des bâtiments très basse énergie au prix des bâtiments traditionnels. Et puis, le fait d’élaborer le projet ensemble nous a permis de tisser des liens entre nous, d’établir de bons contacts. Un voisinage aimable, cela joue énormément sur la qualité de vie".

D’ici deux ans, quatre maisons, dix duplex, un loft et treize appartements à basse consommation d’énergie avec de petits jardins ou des terrasses privatives, pour un total d’environ 70 personnes, devraient ainsi voir le jour. Un espace vert collectif de 4 500 m², un parking commun, deux garages à vélos collectifs et un vaste espace commun sont également prévus, ainsi qu’une chaufferie à pellets commune. "Nous espérons débuter les travaux d’ici la fin de l’année", conclut Jean-Marc Schepers.