Depuis le lundi 4 janvier, le démantèlement du haut-fourneau 6 de Seraing a débuté. Si celui-ci n’a pas pu être préservé - le MR, vilipendé à l’époque par le PS, avait fait plusieurs propositions en ce sens dès août 2012 -, le débat refait surface concernant le HFB.

Un avenir encore incertain

Le haut-fourneau B d’Ougrée (HFB), à l’arrêt depuis octobre 2011 et mis sous cocon jusqu’en 2019, est une infrastructure emblématique et hautement visible dans le paysage sérésien. Face au stade du Standard, à proximité de la voie d’eau et connecté au futur boulevard urbain ainsi qu’à la ligne ferroviaire 125 A, le site, si sa fermeture devait être effective, bénéficie de nombreux atouts pour l’implantation de nouvelles activités économiques, comme le souligne d’ailleurs Valérie Depaye, directrice d’Eriges. Dans la continuité de son "master plan", la Ville prévoit d’y aménager un espace vert et d’y accueillir de grandes entreprises ainsi que des entrepôts destinés à la logistique. Une reconversion qui viserait à "ramener de l’emploi sur le territoire", stipule-t-elle. A noter que d’autres sites industriels sérésiens sont amenés à être requalifiés (HF6, anciennes halles…).

Conserver une trace du passé ?

Si la Ville a déjà réfléchi à une reconversion du site à des fins économiques, certains réfléchissent aujourd’hui à sa préservation en tant que patrimoine industriel. C’est le cas notamment du PTB qui, dans le courant du mois de novembre dernier, a réalisé une enquête auprès de 366 habitants de la commune. Les résultats (à nuancer) ont révélé que 86 % des répondants souhaitaient le maintien du haut-fourneau. Un signal à prendre au sérieux selon Damien Robert, conseiller communal PTB, qui table sur "un tourisme industriel, équilibré entre le passé et l’avenir, car l e HFB représente la mémoire de milliers de travailleurs", soit des racines qu’il est important selon lui de conserver. En réalité, les chefs de groupe des différents partis contactés par nos soins se disent favorables à conserver, non pas la totalité, mais une partie du haut-fourneau, d’autant que le site est "extrêmement pollué", indique Fabian Culot (MR-IC). Mais il est certain que la question du coût de l’entretien sera le véritable enjeu de ce projet.

Certains avancent ainsi des idées : fonds publics, parcours touristique, musée, exposition… "Il y a un accord à trouver entre la Ville, la Région et ArcelorMittal. Des études doivent y réfléchir", ajoute ce dernier. Et de souligner les exemples de réussites en la matière en France, en Allemagne, au Luxembourg ou encore chez nous (Grand Hornu, Bois du Cazier, Blegny-Mine…). "Je suis d’avis de garder ce qui faisait l’âme, ce qui est symbolique mais tout n’est pas à garder" , estime Jean Thiel (Ecolo). "O n ne peut pas tourner la page d’un fleuron sérésien, comme ça, sans laisser un monument à la hauteur de son histoire", affirme quant à lui Alain Paquet (cdH). Même son de cloche du côté des syndicats, qu’il s’agisse de la FGTB ou de la CSC. Quant au bourgmestre de Seraing, Alain Mathot, plutôt sceptique, il semble toutefois plus ouvert qu’avant sur la question. "Je ne suis pas opposé à condition que cela n’handicape pas le présent" . Avançant un coût estimé à 50 millions d’euros, "qu’on vienne avec un projet et qu’on me dise où trouver les fonds, moi je n’ai pas les moyens. Tout est envisageable mais j’exclus la solution qui est faite ailleurs car ça ne marche pas", insiste-t-il.Aude Quinet