Depuis juin dernier, les amateurs de musiques dites actuelles ne le savent que trop bien : les activités de la Soundstation sont à l’arrêt. Et, dans le même temps qu’ils tentent de relocaliser temporairement ses activités, ses gestionnaires, Fabrice Lamproye en tête, se démènent afin de trouver une solution définitive. En décembre dernier, la Ville de Liège sortait de son chapeau l’idée d’implanter les activités de feu la Soudstation au sein du futur complexe des anciens Bains de la Sauvenière. Celui-ci, dont les travaux de réhabilitation ont été lancés en mars, doit servir d’écrin au projet "Mnema, Cité miroir", projet multiple visant à créer, en plein cœur de la Cité ardente, "un véritable pôle de culture, de citoyenneté et de résistance". Prolongement du centre d’éducation à la tolérance et à la résistance initié par l’ASBL "Les Territoires de la Mémoire", ce vaste projet concerne une superficie de près de 15000 m2 et représente un investissement de plus de 20 millions d’euros, dont sept proviennent des subsides européens Feder.

Depuis lors, des discussions qualifiées de part et d’autre de "difficiles" mais "constructives" se sont engagées entre la Ville de Liège, l’ASBL Mnema, à qui la Ville a cédé en 2004 un bail emphytéotique sur le bâtiment de la Sauvenière, et l’ASBL Festiv@Liège, qui réunit Fabrice Lamproye et Gaëtan Servais, les organisateurs des Ardentes. Le second dossier Soudstation - le premier ayant achoppé suite au non-rachat par la Ville du bâtiment de la Soundstation - a connu un coup d’accélérateur peu avant le Conseil communal de ce lundi, puisqu’un accord a été conclu entre les acteurs concernés par ce dossier qui n’a d’autre but, dixit les autorités, que de développer "un véritable pôle culturel dans l’hypercentre liégeois". Cet accord vise l’aménagement d’une salle de concerts de 500 à 600 places dans l’ancienne gare de bus de la place Xavier Neujean, un lieu jugé "idéal" par Fabrice Lamproye, tant par sa localisation que par sa fonctionnalité. Au sujet de la cohabitation avec les activités de l’ASBL Mnema, ce dernier ne voit "a priori aucun souci" tout en reconnaissant que "des mesures seront à prendre" le cas échéant. Le montage juridique de ce projet prévoit la rétrocession à la Ville du bail emphytéotique sur le bâtiment, à charge pour elle de réaliser de nécessaires travaux de rénovation.

Le sujet a fait débat ce lundi au Conseil communal où la sollicitation de subsides communautaires de l’ordre de 70 pc du montant prévu des travaux, à savoir environ 1,2 million d’euros, a été votée par les différentes formations politiques. Celles-ci ont salué cette perspective tout en émettant des réserves d’ordre juridique et technique. Le conseiller Jean-Pierre Grafé (CDH), notamment, a mis en garde le collège communal sur le fait qu’"il ne faut pas s’embarquer dans une histoire de type Country Hall". De son côté, le bourgmestre Willy Demeyer (PS) a dit vouloir "éviter de perdre une chance".