Gazette de Liége Dès le 16e siècle, on prête des vertus exceptionnelles aux eaux des sources situées sur le territoire de la ville.

S’il est bien une ville dans le Royaume où l’on s’y connaît en eau, c’est Spa. Preuve en est, un dossier de candidature "Les Grandes Villes d’Eaux d’Europe" réunissant Spa et dix autres villes thermales d’exception a été officiellement déposé en janvier dernier à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. La réponse est attendue pour le mois de juin 2020.

On vient à Spa depuis longtemps pour ses eaux, il y a d’ailleurs de fortes chances que les Romains aient eu connaissance des sources émergeant sur l’actuel territoire de la Ville. Mais c’est réellement au 16e siècle que l’histoire spadoise commence au travers de récits d’écrivain en vantant les mérites. À cette époque, les Bobelins - du nom donné aux visiteurs de la Ville - venaient y boire une eau ferrugineuse à laquelle l’on prêtait des vertus semblables à un médicament et leurs effets tenaient du miracle. "Si les eaux étaient certes saines et bonnes, on en a exagéré les propriétés", explique Gaëtan Plein, guide à Spa.

En juin 1717, le tsar Pierre le Grand viendra d’ailleurs passer quelques semaines à Spa. Une cure d’eau minérale le guérit d’une maladie du foie. L’écho de cette guérison, attestée officiellement par son médecin, fera le tour des cours européennes et lancera la mode de la cure spadoise. Le tsar laissera son nom à l’une des sources principales de la Ville, le Pouhon Pierre le Grand, où se situe l’actuel office du tourisme de Spa. "Le visiteur peut s’y procurer un gobelet et partir à la découverte des fontaines situées aux alentours de la ville", précise Gaëtan Plein qui ajoute que de nombreuses promenades peuvent se faire dans les environs de Spa.

À cette époque, on ne prend pas de bains d’eau minérale, on la boit, on appelle cela la crénothérapie. La cure spadoise au 18e siècle comprend trois obligations : boire de l’eau minérale, de sources différentes selon la maladie; pratiquer des activités physiques et s’amuser. Pour occuper ce beau monde, on organise des passe-temps agréables tels que des jeux de hasard, concerts, courses de chevaux, bals, déjeuners champêtres ou encore promenades aménagées.

Présents en nombre dans la ville, ce sont les Anglais qui ont rendu le nom de "spa" populaire dans le monde entier en l’utilisant pour désigner les centres de beauté et de remise en forme.

Au milieu du 19e siècle, la balnéothérapie supplante la crénothérapie changeant la cure thermale radicalement. Sur le modèle allemand, Spa se dote de l’infrastructure indispensable à une ville thermale digne de ce nom. En 1860, on construit un établissement thermal dans le centre de Spa. "C’est là que tout se passait jusqu’à il y a une dizaine d’années, lorsque l’on a construit un nouvel établissement thermal sur les hauteurs, avec un ascenseur qui y mène depuis le centre-ville", explique Gaëtan Plein. "Les anciens thermes ne sont plus utilisés mais le bâtiment est classé et on a de beaux projets pour le réhabiliter. Les travaux commencent d’ailleurs fin du mois."

Au 19e siècle, l’établissement des bains pratiquait deux types de soins alors à la pointe du progrès : les bains carbo-gazeux pour soigner les maladies cardiaques et l’hypertension et les bains de tourbe pour traiter les rhumatismes et les maladies de la peau.