Gazette de Liége conseil communal

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uid de l’après-Tadam ?", s’interrogeait ce lundi la "Gazette", faisant référence à l’interpellation de deux conseillers libéraux au Conseil communal du soir-même. Ce dernier point, sensible, a donc comme prévu été évoqué en séance publique, et ce par le biais de deux interpellations. La première émanant non pas des bancs du MR mais bien de ceux du CDH, pour rappel dans la majorité avec le PS, et plus particulièrement de l’ex-échevin Benoît Drèze. Il faut dire que ce dernier s’était déjà exprimé récemment dans nos colonnes (voir notre édition du 9 février 2013), plaidant pour une poursuite de l’expérience.

Une expérience pilote qui avait trait à la distribution contrôlée d’héroïne médicale à des toxicomanes dits "lourds", lesquels étaient accueillis jusqu’à fin janvier dernier au sein de locaux adaptés. C’est peu dire que ce projet, auquel il a été mis fin récemment, a fait jaser dès son origine et que son éventuel prolongement divise d’ailleurs également. "Je ne souhaite pas faire une fixation sur le sujet mais je suis inquiet du silence de la Ville et de la Province suite à la perche tendue par la ministre Onkelinx", a insisté Benoît Drèze, faisant référence en la matière à la "fenêtre de tir" ouverte par la ministre de la Santé lors d’une séance plénière récente au Sénat. Trois mois après sa première intervention sur le sujet, le conseiller CDH s’est donc étonné de l’absence de réaction dans le chef du bourgmestre de Liège.

Comme les conseillers MR Fabrice Drèze et Sébastien Bovy, ces derniers évoquant aussi l’après-Tadam, Benoit Drèze s’est interrogé sur le décès récent de trois patients ayant participé à l’expérience. "Est-ce une coïncidence ou un hasard malheureux ?", se sont ainsi demandés les deux conseillers libéraux, pour lesquels "aucun suivi ou phase de transition n’ont été prévus". Et ces derniers de poursuivre : "Sans préjuger de l’opportunité ou non de poursuivre ce projet, n’eut-il pas été nécessaire de prévoir un plan de sortie d’accompagnement afin d’encadrer un retour à la réalité, parfois très dure, du milieu de l’héroïnomanie et de la toxicomanie en général ?". Poser la question est sans doute aussi y répondre Enfin, le conseiller humaniste s’est quant à lui inquiété du sort réservé aux locaux dédiés au projet Tadam, interrogeant le bourgmestre sur la possible conversion de ceux-ci en salle de consommation.

Concernant les décès récents, Willy Demeyer (PS) a dit ne pas disposer à ce stade de suffisamment d’informations mais il s’est voulu très clair sur "la sortie progressive des patients", telle que prévue par le protocole, et sur la transition qui a selon lui été assurée au mieux. Au sujet du bilan et de l’avenir, il a fait référence à l’étude universitaire qui doit rendre ses conclusions d’ici l’été et il a évoqué les démarches entreprises par la Ville auprès du niveau fédéral. Sur le devenir des locaux, il n’est pas question à ce stade de les réaffecter à quoi que ce soit d’autre, a indiqué le bourgmestre, qui annonce un retour devant le Conseil communal d’ici peu concernant la salle de consommation.