Témoignage d’un jeune gérant d’agence qui tient le coup mais craint une seconde vague.

Depuis ce lundi, à l’instar des commerces, les agences immobilières ont pu rouvrir leurs portes. Jeune gérant d’une agence qu’il a créée en 2018 à Braives après plusieurs années passées au sein d’un grand groupe, Christophe de Marneffe se veut plutôt positif quant à la reprise.

Employant quatre personnes et située au carrefour jugé stratégique entre Huy, Hannut et Waremme, sa société réalisait environ 80 ventes par an avant la crise. “Il a fallu s’adapter à une situation inédite”, souligne-t-il, précisant avoir pris les devants en stoppant les visites dès la mi-mars.

Si les employés ont été mis au chômage économique, le gérant a continué “à faire des démarches administratives et à rester à la disposition des clients”. Et ce d’autant que, comme il l’affirme, l’année avait bien débuté avec une dizaine de nouveaux biens et une trentaine de projets.

Si au départ, son agence comme les autres n’était pas dans les conditions afin de pouvoir bénéficier d’une aide financière, il a finalement pu l’obtenir sous la forme d’une indemnité forfaitaire octroyée par la Région. “Il a fallu continuer à payer les charges qui s’élèvent à plusieurs milliers d’euros par mois”.

Évoquant en outre “un effet retard” sur la situation des agences car les commissions ne sont versées qu’une fois que les actes sont passés, il estime que l’aide régionale a permis d’éviter des faillites.

Autre point positif soulevé par Christophe de Marneffe : les directives reçues des fédérations professionnelles en vue de la reprise des visites, lesquelles sont encadrées par toute une série de mesures de sécurité.

Masques et gel

“Seuls les acheteurs sont présents, au nombre de deux maximum et pour une durée limitée, tandis que des masques et du gel désinfectant sont mis à leur disposition”. Sans oublier la nécessaire distanciation sociale.

“Les gens sont disciplinés et cela se passe plutôt bien”, estime le gérant, évoquant “une demande importante”. S’il juge la reprise prometteuse, il dit craindre une éventuelle seconde vague, laquelle aurait un impact sur le pouvoir d’achat des ménages.

Enfin, il ne prévoit pas de forte baisse de l’activité immobilière, du moins en ce qui concerne la région qui le concerne. La gamme de prix étant plutôt élevée et le portefeuille de biens plutôt varié.

Bruno Boutsen