En janvier dernier, le Conseil communal de Verviers a connu de gros remous autour du cas de Layla Azzouzi, une conseillère CDH de l’Action sociale qui s’est présentée voilée à une réunion publique du CPAS. La jeune femme ne portait pas le foulard islamique quand elle a été élue. Cette décision d’afficher ses convictions religieuses était, dit-elle, personnelle et mûrement réfléchie. Précisons d’emblée qu’aucun règlement d’ordre intérieur n’empêche le port de signes religieux au sein du Conseil communal de Verviers.

Layla Azzouzi a finalement été exclue de la liste électorale du CDH en mars, ainsi qu’un de ses colistiers, Hajib El Hajjaji, qui s’était insurgé contre cette décision et qui avait carrément démissionné de son poste de conseiller communal en guise de protestation. Elle siège depuis comme indépendante et les deux bannis ont finalement trouvé refuge chez Ecolo. Mais ils ne figureront pas sur les listes pour les communales.

Suite à cette affaire, les quatre grands partis à Verviers se sont positionnés sur la question du port ostentatoire de signes convictionnels dans l’espace public. Au CDH tout d’abord, on assure que la décision d’exclure Layla Azzouzi du parti n’a rien à voir avec le port du voile. "Elle et Hajib El Hajjaji n’ont pas supporté qu’elle ne soit pas reprise sur la liste électorale pour les communales. Ce choix a été motivé par le fait qu’il y avait simplement trop de candidats pour le nombre de postes à pourvoir. C’est leur attitude inacceptable qui a justifié leur exclusion du parti, affirme Marc Elsen, chef de groupe. Le CDH estime qu’utiliser un engagement politique à des fins religieuses n’est pas acceptable. Notre parti a des racines chrétiennes et j’ai moi-même des convictions philosophiques et religieuses mais je ne me servirai jamais de la politique pour les faire passer", ajoute-t-il.

Chez Ecolo, on souhaite un grand débat sur le sujet entre tous les partis. "Au sein de la locale, nous discutons du port du voile dans l’espace public mais rien n’est tranché. Nous sommes un parti ouvert et pluraliste où plusieurs sensibilités cohabitent. C’est aussi pour cela que nous avons accueilli Layla Azzouzi", précise Pauline Dumoulin, chef de groupe.

Au PS, on rappelle les principes de laïcité qui prévalent chez les socialistes. "Aucun élu ne devrait afficher de signes convictionnels ostentatoires dans l’exercice de son mandat" souligne Claude Desama, le bourgmestre. Cela vaut également pour le personnel communal et ce afin de ne pas mettre en péril la neutralité des lieux publics."

C’est au MR qu’on s’était montré le plus virulent. Freddy Breuwer, échevin verviétois, évoque "une décision tactique de cette élue de porter le voile". "Nous sommes en faveur de l’interdiction des signes religieux dans l’exercice d’un mandat politique et dans l’enseignement communal. Le port du voile, c’est afficher une différence de statut entre hommes et femmes et pour le MR, ce n’est pas acceptable", dit-il.