Malgré la bonne volonté de son gestionnaire, Fabrice Lamproye, on croyait l’avenir des activités de la Soundstation, cette ancienne gare transformée en salle de concerts et en studio d’enregistrement, plutôt compromises. En effet, depuis l’estimation effectuée par le comité d’acquisition du SPF Finances, de moitié inférieure au prix souhaité par les propriétaires vendeurs dont Fabrice Lamproye, ce dernier, la mort dans l’âme, était en recherche d’autres lieux pouvant accueillir ces activités. De son côté, la Ville s’était engagée à "ne pas laisser tomber l’affaire" et à tenter également de trouver des endroits à destination, comme les définit l’échevin de la Culture, Jean-Pierre Hupkens, "des musiques actuelles".

Ce jeudi, le collège communal liégeois a sorti de son chapeau une perspective nouvelle et non dénuée d’intérêt, à savoir l’implantation des activités de la Soundstation dans le futur complexe des anciens bains de la Sauvenière. Pour rappel, ce dernier doit accueillir le projet "Mnema, Cité Miroir", prolongement du centre d’éducation à la tolérance et à la résistance mis sur pied par l’ASBL "Les Territoires de la Mémoire". Ce vaste projet, qui représente un investissement global de quelque 20millions d’euros, doit permettre selon le bourgmestre Willy Demeyer de "redonner une nouvelle vie au bâtiment et de créer un véritable pôle culturel dans l’hypercentre de Liège, à deux pas du cinéma Sauvenière et de l’Opéra".

La participation de la Ville à ce projet s’élève à 2,5millions d’euros répartis sur quatre exercices budgétaires, dont 625000euros prévus dans le budget 2009. Toujours selon le bourgmestre Willy Demeyer, "l’intervention de la Ville était nécessaire pour pouvoir boucler le dossier financier et ainsi bénéficier des subsides européens Feder qui s’élèvent à 7millions d’euros". Une intervention de la Ville qui est assortie d’un certain nombre de conditions, dont une exigence de pluralisme, ainsi que le fait que l’implantation des activités de la Soundstation - on parle d’un espace permanent au rez-de-chaussée et d’une possible utilisation de la grande salle - y est souhaitée et actuellement à l’étude.

De son côté, Fabrice Lamproye reconnaît qu’"il s’agit d’une des pistes sérieuses qui sont explorées", mais il se veut néanmoins discret et prudent. Et celui-ci de poursuivre: "Des discussions sont en cours, le dialogue est plutôt constructif, mais on travaille aussi sur des solutions à court terme". En effet, les travaux de l’ensemble Sauvenière n’ont pas encore débuté et devraient durer trois ans.