La tâche des communes n’est, faut-il le rappeler, pas aisée en cette fin d’année 2020 relativement à la constitution de leur budget pour l’année 2021. Avec une crise qui a fait fondre de nombreuses recettes et la perspective d’une relance économique fragile, il a fallu serrer la vis à de nombreux niveaux. Ainsi à Liège, l’échevine des Finances Christine Defraigne rappelait ce vendredi que, "parmi les éléments de recettes qui ont rendu l’exercice difficile, il faut noter la baisse de 1,5 million des dividendes. Ceux-ci ne s’élèvent plus qu’à 4,2 millions alors qu’ils s’élevaient à 17 millions en 2006. En 15 ans, ils ont donc été divisés par 4".

Mais pour le CDH liégeois, ce contexte particulier dans lequel sera voté le budget (lundi et mardi), n’est pas une raison pour dire "Amen" à tout. Benjamin Bodson, conseiller CDH, estime que le budget liégeois tel que présenté est un budget "du passé, incomplet, incohérent et, surtout, qui voile la réalité".

"Nous estimons en effet que nous ne sommes pas face à un budget d’avenir dans un contexte qui devrait pourtant permettre de recommencer avec une base zéro, comme annoncé. Mais ce n’est pas le cas. L’échevine des Finances évoque souvent ces petits ruisseaux qui font de grandes rivières mais quand on y regarde de plus près, on se rend compte qu’il n’y a tout simplement pas de petits ruisseaux, peu de nouveautés y figurent, peu de choses bougent"

Une approche "statique" dangereuse, estime le conseiller CDH qui juge aussi ce budget 2021 "d’incomplet"… "On observe en effet que plusieurs éléments sur lesquels ce budget est construit sont incertains, au point que le directeur financier signale clairement que certaines recettes reposent sur des hypothèses non avérées à ce jour. Comme ce crédit spécial de recette, de 4,7 millions"… Un crédit qui, pour rappel, ne peut être retenu au compte, et doit donc être compensé par une moindre consommation des dépenses. "Mais on sait que cela n’arrivera pas, on va donc droit dans le mur". Et l’élu CDH d’évoquer également ce "mystère" autour d’une autre recette "exceptionnelle", de 7,3 millions, qui doit provenir "d’autres partenaires publics". "Partenaires dont on ne nous dit rien, ce qui n’est pas de nature à rassurer."

Pas de réserves ?

Enfin, Benjamin Bodson se dit aussi particulièrement inquiet pour l’avenir des finances liégeoises en cette période de crise où, chacun le sait, il faudra avoir les reins solides. "Or ici, on constate qu’on vide déjà tous les tiroirs. Le Fonds Fourmi est tout à fait vidé cette année, on ponctionne aussi ce qui se trouve dans le fonds de réserve ordinaire de la zone de police… et en parallèle, on enregistre une diminution du nombre d’habitants, de 110 précisément".

En évoquant un travail responsable, la majorité "voile la vérité", estime donc le CDH. "Ce qu’il faut, c’est de la transparence par rapport aux recettes et des vraies mesures structurelles." Et de citer le directeur financier, dans le rapport de la commission budgétaire : "Sans une solution structurelle dans les meilleurs délais au problème du financement des pensions et un refinancement pérenne des Villes, il faut craindre un avenir sombre pour les finances de la Ville"

Marc Bechet