Gazette de Liége

Le moins que l’on puisse écrire est que l’homme d’affaires liégeois Laurent Minguet, fondateur de la société EVS et actif désormais dans des projets de promotion immobilière, ne laisse pas indifférent. Ce lundi, lors du Conseil communal de Liège, une interpellation du chef de groupe CDH Serge Carabin avait trait à un des six projets immobiliers liégeois portés actuellement par le promoteur et concernant le quartier de la Chartreuse.

Ce projet, visant la construction rue Joseph Dejardin de 14 logements et œuvre de l’architecte Pierre Sauveur, s’inscrit dans la volonté de "construction durable et à très basse énergie" affichée par Laurent Minguet. À cet égard, on y retrouve le concept "Thermo Efficace" développé notamment au travers d’autres projets tels celui des Pléiades à Visé ou de la résidence des Oblats à Jupille. En tout cas, cet aspect "écologique" de même que, selon Laurent Minguet, "un respect scrupuleux du plan communal d’aménagement", a su convaincre tant le fonctionnaire délégué de la Région que le ministre wallon en charge de l’Aménagement du territoire, à savoir Philippe Henry (Ecolo).

Malgré l’aval régional, cet éco-projet de Laurent Minguet divise Ainsi, dans son interpellation, Serge Carabin a insisté sur le fait que, selon lui, "la construction ne respecte pas les prescrits urbanistiques en la matière" et qu’elle "nécessite plusieurs dérogations par rapport au plan particulier d’aménagement". En outre, le chef de groupe CDH s’est étonné du fait que, malgré plusieurs avis négatifs relatifs à ce projet et émanant notamment de la Ville, le permis a quand même été accordé. Ce qu’a d’ailleurs confirmé l’échevin liégeois de l’Urbanisme, Michel Firket (CDH), pour qui le permis accordé l’a été de manière excessive compte tenu notamment de gabarits trop élevés. "La Ville a d’ailleurs décidé d’introduire un recours au Conseil d’Etat", a précisé l’échevin.

Du côté du cabinet Henry, on relativise les divergences Région-Ville en la matière, mettant en avant "une dimension émotionnelle" dans le chef de cette dernière et évoquant le fait que "de tels recours font partie de notre lot quotidien", et on précise que le permis a été accordé à certaines conditions. Parmi celles-ci, il est entre autres question d’une diminution des gabarits d’un projet qualifié d’"exemple audacieux de requalification immobilière" de même que d’une replantation d’arbres issus d’essences régionales. Quant au principal intéressé, se disant respectueux des recours, il évoque un phénomène Nimby et épingle le fait qu’un membre du collège communal, à savoir l’échevin Hupkens (PS), est également riverain du quartier