Quatre candidats. C’est peu mais à la fois beaucoup lorsqu’on regarde de plus près le cahier des charges de Spa pour la réaffectation du site des anciens thermes. "Nous sommes contents du nombre de réponses, confirme l’échevin de l’Urbanisme spadois Luc Peeters (CDH). On nous avait dit que nous n’aurions personne alors " .

Il faut dire que la Ville de Spa avait une idée très précise de ce qu’elle désirait : un hôtel et quelques boutiques dans les anciens thermes et, à l’arrière, en lieu et place de l’Institut Henrijean, un parking souterrain et de l’immobilier. Comme les anciens thermes ont constitué le cœur du thermalisme spadois pendant 150 ans, la Ville exigeait aussi dans son cahier des charges une mise en valeur de ce patrimoine.

Des cabines de bains, deux escaliers et deux petits salons latéraux doivent en outre être préservés. Si ce caractère patrimonial a effrayé certains investisseurs, il nourrit également la critique de l’opposition PS. Elle souhaite que ce lieu reste ouvert aux Spadois. "Nous entendons bien leurs propositions d’y regrouper les musées ou d’y réaliser une extension du Centre culturel, explique Luc Peeters. Mais nous n’avons pas les moyens financiers de rénover et d’entretenir ce bâtiment. Nous supportons déjà les charges de la restauration du Pouhon Pierre Le Grand, du casino, de l’Hôtel de Ville ".

La facture de la réhabilitation des anciens thermes sera lourde en effet. Les candidats - dont les Liégeois AGE Ingineering/Atelier d’architecture DSN ou le bureau d’architecture verviétois AUPA associé avec Groupe GL d’Houthalen - ont estimé celle-ci entre 15 et 25 millions d’euros.

Certains ont laissé libre cours à leur imagination. C’est une véritable masse d’eau qui fait ainsi office d’immeuble à appartements dans un des projets. Une masse d’eau transparente et bleue qui déborde sur les anciens thermes. Un autre a imaginé une ruelle piétonne entre le bâtiment séculaire et le nouvel immeuble tandis qu’un troisième propose une résidence services plutôt qu’un hôtel.

Il reviendra à un jury composé de membres du conseil communal mais aussi de représentants des commerçants, de l’Horeca et de l’Institut du patrimoine wallon de les départager. Mais, avant, tous les projets devront passer l’analyse juridique et administrative. La Ville de Spa voudrait déterminer le lauréat avant fin février. Même si on lui reproche une certaine lenteur dans ce dossier, elle veut aller vite. En tout cas, plus vite que pour la réaffectation du Waux-Hall qui est en cours depuis maintenant dix ans.