Qui dit relance du haut-fourneau (HF 6) dit relance du chaud à Liège, de toute la ligne du chaud à Liège

En marge du frein annoncé dans les activités du géant ArcelorMittal sur les sites liégeois (et ailleurs), la relance du HF 6 fêtée en février dernier avait eu comme conséquence une relance globale de toute l’activité du secteur.

En aval de la Haute-Meuse en Basse-Meuse, c’est l’usine de Chertal qui aura sans conteste enregistré les conséquences les plus évidentes, en doublant quasiment le tonnage produit, "de 1,6million de tonnes à 2,6millions", commente Étienne Botton, responsable communication du groupe, "soit un volume que l’aciérie doit produire en moyenne", Chertal ayant une capacité de trois millions de tonnes l’an.

Mais de relancer également certaines polémiques propres à l’activité de tels monstres, dont celle des rejets de poussières de graphite constatées à Chertal.

Voici plusieurs semaines, les plaintes s’étaient faites plus pressantes auprès des autorités communales visétoises, la population de Sarolay ayant constaté une recrudescence de ces émanations. Et de s’inquiéter dès lors pour la santé des habitants.

Au sortir de son dernier conseil communal, Marcel Neven (MR), bourgmestre de Visé, s’était engagé à rencontrer les dirigeants d’ArcelorMittal au plus vite Aussitôt dit aussitôt fait puisque la rencontre fut rapidement organisée et fut surtout très riche: un nouveau système de captation des rejets (à l’étude en ce moment même) a été annoncé.

Sur les hottes

"La ligne à chaud est une ligne intégrée", explique Étienne Botton, "s’il y a peu de fonte produite" Chertal tournera moins. Qui dit plus d’activités aux hauts-fourneaux dit donc aussi plus de travail en Basse-Meuse et plus de poussières de graphite.

"Lors de la rencontre, nous avons effectivement confirmé qu’il y avait plus de pollution qu’il y a quelque temps", poursuit Marcel Neven, "nous sommes au taux d’il y a 4 ans, avant la fermeture du HF 6".

Mais les plaintes relayées par le mayeur de trouver rapidement de quoi être apaisées: "Le responsable environnement nous a expliqué qu’un dispositif pour récupérer les gaz qui s’échappent était en cours".

Et d’évoquer par ailleurs une possible récupération de ceux-ci grâce à un système basé sur le principe de la cogénération, le tout pour une somme de 100millions d’euros.

Du côté du géant de l’acier, on reste plus prudent quant aux chiffres mais on ne nie nullement l’existence d’une telle option. "100millions d’euros, cela me paraît beaucoup mais il est vrai qu’un investissement majeur est prévu. Serait compris dedans le système qui permettrait d’améliorer la captation sur le site de Chertal", déjà relativement bonne selon les dirigeants d’ArcelorMittal.

Placé sur les hottes de l’aciérie, une importante partie des émanations, dont les poussières de graphite, serait ainsi récupérée.

Un système ambitieux plus que jamais d’actualité bien que les délais restent secrets, ou inconnus "Il est évident que vu la conjoncture, ce n’est pas pour de suite".

Le projet devrait pourtant être mis en place dès que possible: "l’environnement a un caractère prioritaire pour Arcelor", précise Étienne Botton, "le système est actuellement à l’étude".

Un espoir parallèle pour les riverains du HF 6? Le type d’aciérie étant différent, il est peu probable que le système puisse être utilisé sur un haut-fourneau. Affaire à suivre.