Gazette de Liége

Il vient de Petit-Rechain, non loin de Verviers, il a 41 ans, il est marié, est père de quatre enfants... et il sait cuisiner. Lui, c'est Philippe Hansenne ou Chamois modeste, de son totem, pour les intimes. L'homme, ou plutôt le chef, vient d'être élu président de l'Association des traiteurs et entrepreneurs (ATE), une ASBL qui mérite d'être connue, du moins nos papilles peuvent-elles le réclamer. Créée il y a bientôt 19 ans, elle regroupe les 38 meilleurs traiteurs de la province de Liège. Et la raison qui a amené Philippe Hansenne à en être élu président laisse imaginer une certaine dose de talent en cuisine. "Et une certaine dose de talent en gestion." Car, insiste le chef, "traiteur et restaurateur, ce sont deux métiers différents".

Travail...

Le regard au loin, le dos bien droit, à l'image de sa toque, c'est dans l'établissement secondaire N.-D. de Heusy que nous avons rencontré Philippe Hansenne. Il y enseigne à temps plein, comme professeur d'hôtellerie, depuis plus de dix ans. D'apparence froid, voire carrément rigide, Philippe Hansenne se révèle être tout le contraire, et deux minutes suffisent pour se rendre compte qu'à défaut de froideur, c'est le calme qui domine le caractère de cet intense travailleur. En plus de son métier d'enseignant, il a une belle carte à son actif, tout comme un regard lucide et optimiste sur sa profession. Agé de 21 ans à peine, et après avoir travaillé au Luxembourg ainsi qu'au restaurant Lafarque (Pepinster), le voici déjà chef à la vieille auberge de Petit-Rechain. Au menu, fine cuisine française. Célibataire à l'époque et "ivre de tout ce temps libre" laissé en journée, il décide de donner des cours à l'école Notre-Dame, d'abord à mi-temps. Vers 26 ans, infatigable, il rentre dans l'association des traiteurs. Il cumule dès lors trois emplois. A cela s'ajoute ensuite la famille, ce qui pousse l'homme à constater qu'à l'époque, il travaille "28 heures par jour".

... ou passion

Depuis cinq ans, il n'est plus "que" professeur et traiteur, ce qui lui permet d'allier famille et travail, soit famille et passion. "Je ne voudrais changer de métier pour rien au monde, confie-t-il, car la cuisine est en moi depuis toujours." Mais ne vous y trompez pas, ce dont il parle, c'est du métier de traiteur et non de restaurateur car, selon lui, l'aspect festif y est encore plus fort : "Lors d'un banquet, il n'y a bien souvent qu'une personne qui paye, ce qui pousse toujours les gens à se resservir". Très juste ! Une profession qu'il apprécie d'autant plus qu'il constate pour celle-ci un engouement grandissant.

Dans ses hobbies, il pointe aussi le jardinage, mais en bon passionné, c'est le potager qu'il préfère, "pour faire de bonnes soupes". La cuisine pour lui est une affaire de création. L'artiste avoue y être tombé tout petit.