Le Liégeois Pierre Gijsen est psychologue clinicien et psychothérapeute comportementaliste. Il travaille depuis une bonne quinzaine d’années pour une série d’institutions actives en santé mentale. C’est dans ce cadre que la pratique de la "Walking Therapy" est devenue pour lui une évidence.

"Au-delà de mon attachement à la nature et à la marche, j’y vois un certain nombre d’indications", explique ainsi ce dernier. À savoir notamment le fait que les personnes en questionnement existentiel, en stress voire en burnout, de même que les grands ados, les personnes anxieuses ou hyperactives apprécient particulièrement cette façon de faire.

En nature

"Pour moi, la symbolique du côte-à-côte - par opposition ou en complément au face-à-face habituel - est forte", estime Pierre Gijsen, mettant en évidence le rôle joué par la nature qui permet donc de sortir du cadre confiné du bureau.

Outre son intérêt pour cette pratique, le contexte sanitaire actuel jugé anxiogène a favorisé le fait qu’il se réinvente. "Je crois que ce que nous vivons avec cette pandémie est malheureusement en train de fragiliser un grand nombre de personnes."

Parmi celles-ci, certaines n’auraient peut-être jamais pensé recourir aux services d’un psy professionnel. Mais cette démarche d’accompagnement inédite peut selon lui leur être bénéfique.

Les bienfaits procurés par des séances en nature, tant sur le plan physiologique que psychologique, sont désormais de plus en plus étayés par la littérature scientifique, mise en avant par Pierre Gijsen.

La Walking Therapy qu’il promeut combine l’écoute active et le conseil, la nature et la marche. Elle inclut selon lui de nombreuses pratiques, allant de s’asseoir sur un banc dans un parc jusqu’à des expéditions de plusieurs jours.

Si l’idée de sortir du bureau n’est pas neuve, elle s’est parfois heurtée à des freins institutionnels. Et de faire référence à un mouvement qui s’est développé dès le début des années 2000 à New York notamment, où des psychologues et coachs sortaient sur le temps de midi avec leurs clients dans Central Park…

"Mon credo est que l’homme du XXIe siècle n’a pas attendu mars 2020 pour être confiné. Ces dernières années ont vu beaucoup d’entre nous se sentir envahis par leur vie professionnelle, une exigence d’hyper-connectivité aux nouvelles technologies ou des relations interpersonnelles quelquefois prenantes et douloureuses", souligne cet adepte d’une prise en charge différente et personnalisée.