La civilisation oubliée d’El Argar réapparaît dans toute sa splendeur à travers 200 pièces.

La grande exposition temporaire du Préhistomuseum dévoile dès ce vendredi la puissance d’une civilisation espagnole disparue, née il y a plus de 4 000 ans sous le nom d’El Argar.

Ce sont les frères belges Siret qui ont découvert les premiers vestiges de cette société tombée dans l’oubli, après 650 ans d’existence sur un territoire grand comme la Belgique. Le Préhistomuseum invite à s’immerger dans cette société fascinante à travers près de 200 pièces issues des collections et archives des Musées royaux d’art et d’histoire de Bruxelles.

"Nous proposons un voyage dans le temps qui fait réfléchir sur la structuration sociale de notre pro pre société, explique le directeur Fernand Collin. Poser la question relative à la détention du pouvoir est réellement une question d’actualité."

L’expo met aussi en lumière de superbes pièces (crânes avec diadème, bijoux, vases faisant office d’urnes funéraires…) dans une scénographie contextualisante, avec des reconstitutions comme la monumentale porte d’entrée du mur d’enceinte du site de la Bastida.

Cette société a émergé précisément entre 2 200 et 1 550 avant notre ère dans une Europe occidentale majoritairement composée de petits villages et d’agriculteurs, alors que se développent au même moment les grandes civilisations méditerranéennes de la Grèce et de l’Égypte. Bien qu’espagnole, El Argar a un lien avec la Belgique !

"À la fin du XIXe siècle", rappellent les deux archéologues commissaires de l’exposition, Jennifer Kedzia et Anaïs Laurent, "deux ingénieurs belges, Henri et Louis Siret, se sont expatriés dans le sud-est de l’Espagne pour travailler dans une mine. Archéologues amateurs, ils profitaient de leurs déplacements professionnels pour explorer la région. Ils ont mis au jour de nombreux gisements datant du 6e au 1er millénaire avant notre ère. Dans la nécropole d’El Argar, ils ont découvert plus de 1 000 tombes enfermant des objets exceptionnels ; plus précisément, les corps recroquevillés et glissés dans de grandes urnes, avec des objets représentatifs du statut social des défunts."

"Après la mort des deux frères dans les années 1930, continuent les deux commissaires d’exposition, la culture argarique est tombée dans un curieux oubli et leurs collections ont connu un destin mouvementé. C’est au comte et mécène Louis Cavens que nous devons aujourd’hui d’en conserver près de 5000 pièces en Belgique, aux Musées royaux d’art et d’histoire donc." Avec cette exposition inédite, le Préhistomuseum donne ainsi un coup de projecteur sur cette civilisation tombée injustement dans les oubliettes de l’histoire.J.-M. C.

Informations pratiques : du 25 octobre 2019 au 19 avril 2020, de 10 h à 18 h (17 h en heures d’hiver) Tarifs : 7 €/adulte, 5 €/enfant (en dessous de 12 ans) Visite guidée en groupe avec un archéologue médiateur (7 €/ pers. + 60 €/ groupe)