On n’a certainement pas fin d’en entendre parler de cette décision qui vient d’être prise par le comité interministériel chargé d’examiner le recours introduit il y a peu par l’UCM (Union des Classes Moyennes) contre le projet "Central Piazza", du nom de ce centre commercial de 20000 m2 - devant abriter une vingtaine de commerces et 900 places de parking - destiné à être implanté en plein cœur de Soumagne.

Ce projet, qui vise le site des Bétons Mosans situé en bordure de Nationale 3, on en parle depuis maintenant plus d’un an. Bien que recalé à deux reprises par le comité interministériel, il a cette fois pu passer ce cap important. Ce qui est loin de plaire à tout le monde, à commencer par l’UCM qui avait introduit un recours contre ce projet mais aussi du côté des communes avoisinantes telles Fléron ou, plus loin, Verviers où un autre projet de centre commercial, dénommé Foruminvest, existe lui aussi.

Concrètement, les cinq ministres qui étaient appelés à se prononcer sur le recours introduit contre le projet "Central Piazza" n’ont pas réussi à dégager un consensus à ce sujet, émettant des avis différents, à savoir seul un vote pour, deux votes contre et deux abstentions. Parmi ces abstentions, on notera celle du ministre wallon de l’Économie, Jean-Claude Marcourt (PS), lequel était précédemment défavorable à ce projet.

L’attitude de ce dernier n’a en tout cas pas manqué de faire réagir le député hervien Pierre-Yves Jeholet (MR), lequel s’exprimait en tant que président de la fédération du MR de l’arrondissement de Verviers. Pour ce dernier, se disant "furieux" de la décision du comité interministériel, "il s’agit d’une incohérence en termes de développement économique" qui risque selon lui d’avoir des retombées négatives pour le plateau de Herve et au-delà. Il se demande pourquoi le ministre Marcourt, qu’il interpellera à ce sujet, a changé d’avis, rendant par là même possible la validation du permis socio-économique accordé par les autorités communales de Soumagne. Lesquelles, favorables à ce projet, doivent certainement être ravies de la tournure prise par les évènements.

Contacté par nos soins, Jean-Claude Marcourt se justifie en affirmant que "le projet a évolué de manière considérable" et que "cela va d’ailleurs encore être le cas". En effet, selon ce dernier, ce projet poursuit certes son chemin mais "il doit encore passer différents caps". En outre, le ministre liégeois lance une pierre dans le jardin du Fédéral, dont il qualifie d’"hypocrite" l’attitude en la matière eu égard aux dernières modifications de la fameuse loi dite Ikea qu’il juge mauvaise, et plaide pour une régionalisation de cette matière. Enfin, il annonce le lancement d’une réflexion globale sur la création d’un schéma directeur wallon relatif aux implantations commerciales et insiste sur la nécessité de mieux outiller les communes.