C’est en 2015 qu’a véritablement débuté le projet innovant dénommé Multipick, lequel rassemble depuis l’origine trois partenaires différents. À savoir en l’espèce le groupe Comet, Citius Engineering qui est basé à Seraing et spécialisé dans l’intégration industrielle, ainsi que l’Université de Liège, via son unité de recherche GeMMe.

C’est d’ailleurs au sein de cette dernière, sur le campus du Sart Tilman, que le groupe précité, basé dans le Hainaut, a fait ce mercredi une annonce importante. Laquelle a trait au développement d’une solution robotique visant au tri des métaux issus du démantèlement des véhicules et des appareils électroménagers usagers.

Aux dires de ses concepteurs, la future ligne de tri robotisée, qui est vue comme "un démonstrateur industriel unique en son genre", promet un rendement très élevé. De quoi réjouir les partenaires de cet ambitieux projet initié il y a plus de cinq ans. Et notamment Pierre-François Bareel, le patron du groupe Comet, un acteur majeur du recyclage des métaux ferreux ou non au niveau européen.

"Trois quarts des déchets métalliques que nous recyclons consistent en de l’acier qui sert principalement à la sidérurgie, explique ce dernier. Dans le quart restant, il reste des métaux intéressants à valoriser tels que le cuivre, le zinc, l’inox, le laiton ou l’aluminium." Or le tri manuel a disparu et ils font souvent un aller-retour en l’Asie.

Sur base de ce constat, un programme de recherche et développement a débuté au sein de la plateforme Reverse Metallurgy, qui a été créée en son temps au niveau du pôle wallon Mecatech. C’est dans ce cadre et selon "un modèle triangulaire vertueux", dit le professeur Éric Pirard, qu’a été mise sur pied cette innovation.

Cette dernière consiste donc à faire la part belle au recyclage de ces déchets métalliques en ayant recours à l’intelligence artificielle. "Il s’agit de leur redonner une nouvelle vie et de recréer de la valeur ajoutée au départ de ces flux de métaux", précise-t-il, faisant référence à un objectif environnemental qui est également poursuivi.

De son côté, le ministre wallon de l’Économie, Willy Borsus (MR), a loué cette alliance de partenaires. Et d’évoquer "la transition vers une économie circulaire" à laquelle la Région entend contribuer. C’est ainsi qu’elle a soutenu cet investissement important de près de 10 millions d’euros, à parts égales avec le consortium industriel privé.

Bruno Boutsen