Alors que la saga politique de l’été a trait à Verviers où une nouvelle majorité peine à être installée, il y a également du changement en Hesbaye et plus précisément au sein de sa capitale.

Lequel peut être qualifié d’historique puisque le PS est au pouvoir à Waremme depuis plus de 100 ans. Y disposant d’une majorité absolue, ce qui lui avait valu la visite de l’ancien président du PS en 2014, il a chuté en 2018.

Et ce, lors des élections communales où, s’il a dépassé la barre des 50 % des suffrages exprimés, c’est de justesse. De quoi donc ouvrir une réflexion en son sein, laquelle a été amplifiée suite au "cas" Albert Gérard.

Une ouverture nécessaire

Pour rappel, fin 2019 et suite à une série de manquements disciplinaires et déontologiques, ce dernier, jusqu’alors premier échevin, a été exclu du PS. De quoi donc rendre nécessaire, ainsi que l’expliquait à l’époque le bourgmestre socialiste Jacques Chabot, une ouverture.

Si celle-ci a mis un certain temps avant de se concrétiser, pour cause de crise du coronavirus et de respect des procédures internes au PS, le nouveau pacte de majorité a été présenté ce jeudi par ce dernier et son partenaire. Et ce, avant d’être avalisé lors du prochain conseil communal.

"Il réunit les conditions pour assurer un travail serein et efficace", a souligné le maïeur waremmien, estimant également que "c’est une nouvelle page importante qui se tourne pour la Ville". Parmi les arguments avancés pour justifier pareille alliance, laquelle n’était pas évidente en début de législature, figure notamment "la confiance mutuelle".

En outre, selon Jacques Chabot, le choix du MR local (groupe Pour Waremme qui sera représenté par son leader Raphaël Dubois), au détriment du groupe Waremme Alternative, est mû par "la volonté de faire avancer les dossiers communaux". À savoir en l’espèce et entre autres ceux de l’extension du zoning ou encore de la rénovation du centre sportif.

Conseiller communal depuis 2006, Raphaël Dubois a toujours connu l’opposition jusqu’à devenir deuxième échevin. Et pour cause, puisque ce libéral est le premier non socialiste à intégrer un collège à Waremme. Et pourtant, ce n’était pas chose gagnée, d’autant qu’en 2012, c’est à la tête du cartel Waremme Ensemble qu’il avait défié le PS. Soit une aventure qui a tourné court puisque dès avant le scrutin de 2018, il lançait le groupe Pour Waremme, lequel est d’inspiration libérale mais voulu ouvert à tous.

"Nous avons toujours défendu une opposition constructive et positive." Celle-ci s’est matérialisée selon son leader par un programme qui a été soutenu par près de 30 % des Waremmiens. Malgré un début de législature où il avait tancé le PS pour sa non-ouverture, c’est donc avec lui que ce dernier a entamé des négociations bilatérales en 2019. Soit précisément le moment à partir duquel, au travers du PST, du budget ou du plan de relance, le MR local a déjà pu "travailler en commun avec le PS".

Bruno Boutsen