Gazette de Liége

Le moins que l’on puisse écrire est que le quartier de la Chartreuse, situé sur les hauteurs vertes de Liège, n’en finit pas de faire parler de lui. Il faut dire qu’il comprend un site historique majeur, à savoir celui du bastion des fusillés. Un site qui fut pour rappel l’objet, à la fin du mois de mai dernier, d’un vol et de dégradations qui avaient fait réagir tant les représentants de la société royale "Le Bastion de Liège" que la Ville de Liège. Le site de la Chartreuse, comprenant un fort hollandais et un vaste domaine boisé, est également au centre de plusieurs projets immobiliers d’envergure, dont un porté par le promoteur Matexi, qui tardent à être mis en œuvre. Le site est ainsi laissé relativement à l’abandon et des occupations en tous genres y ont d’ailleurs eu lieu ces derniers mois.

Cette fois, c’est l’organisation (prévue les 26 et 27 août prochains) par le collectif "Des visions", initié en 2010 et dont le but est de questionner la ville et de se réapproprier l’espace urbain, d’un cinéma en plein air et de concerts qui déplaît aux riverains. C’est ainsi que le Groupe de coordination Chartreuse (GCC), réunissant les comités de quartier concernés par cette problématique, s’est fendu vendredi dernier d’un communiqué relatif à cette occupation. Le GCC y traite également du "squattage" de l’ancienne conciergerie de la Chartreuse par "une équipe de jeunes très emballés à l’idée d’un tel projet". "Cela nous interpelle directement sur les conséquences : quid de la faune et de la flore spécifiques du domaine ?", peut-on lire dans ce communiqué signé par Claude Lesage, à savoir le président du GCC.

Outre des inquiétudes à ce sujet, le GCC évoque aussi des impératifs en termes de sécurité qui ne seraient pas remplis. Et de faire état d’une visite récente sur le site en compagnie de la police qui a selon Claude Lesage permis de se rendre compte "des conditions pitoyables dans lesquelles ces jeunes vivent". "Ces derniers nous ont affirmé verbalement avoir eu l’autorisation de l’échevin de la Culture (N.D.L.R. : un riverain du site) mais ils ne possèdent évidemment aucun écrit".

Dimanche dernier, aux dires du président du GCC, un contact téléphonique avec l’échevin Hupkens a semble-t-il permis de clarifier les choses. "Il nous a confirmé qu’il avait bien eu un contact avec ces jeunes mais qu’en aucun cas, il ne leur avait donné l’autorisation de séjourner dans la conciergerie de la Chartreuse" (N.D.L.R. : il n’a d’ailleurs pas le pouvoir de le faire). Pour le reste, toujours selon Claude Lesage, l’échevin a confirmé la position de la Ville, qui est aussi celle du GCC, à savoir la démolition du bâtiment. Enfin, concernant la manifestation prévue le week-end prochain, il n’est apparemment pas question de l’autoriser, "les conditions de sécurité n’étant pas réunies" Dont acte ?