Santé Une campagne est lancée par la Province de Liège en collaboration avec le CHC et le CHR.

Des règles qui font mal, ce n’est pas normal." C’est en portant haut et fort ce message que la Province de Liège a souhaité lancer une grande campagne de sensibilisation.

Cette dernière a trait comme expliqué ce lundi par Katty Firquet (MR), députée chargée de la Santé, à l’endométriose. Laquelle est une maladie méconnue du grand public qui touche une femme sur dix en âge de procréer. "Cela concerne environ 180 millions de femmes dans le monde dont près de 25 000 en province de Liège."

Première cause d’infertilité féminine au monde et touchant entre 30 et 50 % des couples, elle concerne 80 % des jeunes femmes qui se présentent aux urgences avec des douleurs abdominales ou pelviennes chroniques. Ce sont en tout cas les chiffres fournis par le CHC et le CHR avec lesquels la Province collabore dans ce cadre.

Chefs de service en gynécologie obstétrique, Pierre-Aranud Godin et Michelle Nisolle ont insisté sur le caractère chronique de cette pathologie. Laquelle, lourdement invalidante, est due à une implantation anormale de tissus de l’endomètre à l’extérieur de l’utérus, provoquant des lésions, des kystes et des nodules.

Un diagnostic difficile à poser

Comme souligné ce lundi, l’endométriose est une affection difficilement détectable en raison de ses multiples symptômes. Qu’il s’agisse de douleurs durant les cycles menstruels ou en dehors de ceux-ci, de gênes durant les rapports sexuels, de troubles urinaires et/ou digestifs…

"Le plus souvent, il s’agit d’une exacerbation de symptômes classiques", précise Pierre-Arnaud Godin. Ce qui fait que le diagnostic est difficile à poser, entre 5 à 10 ans étant en moyenne nécessaires pour ce faire, ce que confirment les témoignages.

Généralement invisible et taboue, l’endométriose a en outre tendance à isoler. "Cela atteint les femmes dans leur intimité et peut avoir des répercussions sur le couple." Et d’épingler les nombreuses conséquences que la maladie peut avoir sur la santé mais aussi sur la vie socioprofessionnelle…

S’il existe plusieurs traitements en ce compris une intervention chirurgicale, un suivi psychomédical est également préconisé. Constatant un manque d’information et de connaissance du sujet, la Province lance donc une campagne de sensibilisation. Poursuivant un double objectif, elle débutera le lundi 23 mars prochain dans le cadre du festival Imagé Santé.

Bruno Boutsen