Gazette de Liége

On sait la volonté de la Ville de Liège d’accueillir un maximum de nouveaux habitants sur son territoire, ce qui passe inévitablement par l’aménagement de nouveaux espaces habitables et par la création de toute une série de nouveaux logements. C’est ainsi que les autorités communales ont défini dans le "Projet de Ville 2007-2015" leur volonté d’urbaniser certaines des quelque 26 zones d’aménagement communal concerté (en abrégé Zacc), dont la mise en œuvre a été qualifiée par l’échevin liégeois de l’Urbanisme, Michel Firket (CDH), d’"enjeu primordial puisqu’elles représentent potentiellement près de 2000 logements". Au premier rang de ces Zacc, qui représentent 6 % du territoire de la ville, on peut citer celle concernant le Pré-Aily au Sart-Tilman - certainement le dossier le plus avancé - ainsi que celles ayant trait au verger de Fayenbois et au domaine de la Chartreuse, deux sites qui disposent du rapport urbanistique et environnemental (RUE) préalable à la mise en œuvre de ces Zacc.

Situé sur les hauteurs de Cornillon, le site historique et militaire de la Chartreuse comprend les terrains occupés autrefois par le couvent des moines chartreux, le hameau de Péville et le fort de la Chartreuse. Un site - celui du fort et de ses alentours - avoisinant les 12 hectares et qui est depuis quelques années l’objet d’un vaste projet immobilier porté notamment par le promoteur belge Matexi. Un site qui dispose également d’un "poumon vert" à proximité, lequel est constitué par le parc des Oblats et par ce que l’on appelle communément la "lande aux aubépines", soit un ensemble de 20 hectares qui est aujourd’hui la propriété de la Ville de Liège. Mais le hic, c’est que le domaine de la Chartreuse, dont la sauvegarde et la mise en valeur tentent d’être assurées depuis 1986 par une ASBL composée de passionnés, est devenu au fil des années une sorte de "no man’s land" liégeois.

En effet, le site est en proie depuis un certain temps à toute une série d’incidents, dont un récent incendie volontaire, que déplorent tant l’ASBL de défense des lieux que les divers comités de quartier des alentours, lesquels viennent de se regrouper au sein d’un groupe de coordination de la Chartreuse. "Le domaine est devenu un endroit très dangereux", assure son président, Claude Lesage, qui précise : "On remarque un certain laisser-aller dans le chef de la Ville". Les riverains et autres amoureux du site, dont les craintes ont été relayées lors du dernier Conseil communal par le chef de groupe CDH Serge Carabin, réclament ainsi divers aménagements visant à rendre le site plus accueillant et sécurisant. "Notre première exigence est que l’on ferme le domaine à toute circulation automobile, y compris les quads", souligne Claude Lesage. Pour le reste, ce dernier insiste sur la nécessité d’un "entretien minimum" du site, sur lequel l’on constate "un nombre important de dépôts sauvages d’immondices", par la vidange de ceux-ci et par un fauchage annuel des parties herbeuses. Enfin, il est aussi demandé d’améliorer les chemins de promenade sur l’ensemble du site.

Du côté de la Ville, avec qui "les relations se sont détériorées au fil du temps" si l’on en croit le président du groupe de coordination de la Chartreuse, l’échevin Firket a répondu aux inquiétudes des riverains, reconnaissant qu’il était nécessaire de "mieux entretenir un site quelque peu laissé à l’abandon". Il a ainsi annoncé la pose de piquets de béton de manière à empêcher l’accès au site aux voitures, le passage d’une "sorte de tornade blanche" visant à rendre le site plus propre ainsi qu’un fauchage des grandes herbes comme c’est le cas ailleurs. Et concernant la mise en œuvre de la Zacc de la Chartreuse, qui ne se fera, selon les riverains, que si on rend ses lettres de noblesses au "poumon vert" que constitue le parc de la Chartreuse, Michel Firket a rappelé que l’on est actuellement en phase d’examen des projets et a assuré qu’à ce niveau, "tout est plutôt en bonne voie".