Gazette de Liége La fabrique d’Église n’était pas informée de l’occupation de son terrain.

Plus de 500 personnes ont assisté dimanche soir, dans une prairie de Stembert à Verviers, au spectacle "En Vérité" du polémiste français Dieudonné M’Bala M’Bala, une dizaine de jours après que ce dernier avait été condamné à deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris. Le dimanche 7 juillet dernier, c’est dans un jardin privé de Morlanwelz (province de Hainaut) que le trublion s’était produit.

Les consignes étaient claires : le public devait acheter sa place sur le site "Dieudosphère" pour la somme de 34 euros et l’adresse du lieu du spectacle ne lui serait communiquée par SMS que peu avant la représentation, prévue à 17 heures.

À 16 heures, un texto prévenait les fans de Dieudonné que le spectacle aurait lieu à Stembert, et qu’il fallait se munir d’une chaise pliante. La bourgmestre de Verviers Muriel Targuions a tenté en vain de faire annuler le spectacle, mais la police locale était en sous-effectif par rapport au nombre de participants.

Vers 18 h 40, les spectateurs ont quitté la prairie, occasionnant quelques embarras de circulation.

Aucune autorisation délivrée

La fabrique d’Église n’était pas au courant de l’occupation de son terrain à Stembert, a indiqué le président de l’institution culturelle verviétoise. "La fabrique d’Église est propriétaire de plusieurs terrains, dont celui concerné par ce spectacle. Le bien est loué à un agriculteur stembertois, via un bail de ferme", explique le président de l’institution M. Halleux, qui assure qu’aucune autorisation n’a été délivrée concernant le spectacle "En Vérité", de Dieudonné M’Bala M’Bala. "Nous n’avons eu aucun contact et aucune demande ne nous est parvenue au sujet de l’occupation de ce terrain", ajoute ce dernier.

Le locataire de la parcelle n’a, à la connaissance de M. Halleux, pas non plus été contacté. "Nous ne pouvons ni tolérer la manière de faire de Dieudonné, ni son discours", a poursuivi le président de la fabrique d’Église, regrettant la tenue d’un tel spectacle. L’institution indique en outre ne pas savoir qui a mis le terrain à disposition du polémiste français, qui a ressemblé environ 500 spectateurs. "Si des dégradations sont constatées, la fabrique d’Église, et probablement le locataire, se retourneront contre l’organisateur du spectacle ainsi que contre la personne qui a permis l’occupation illégale du bien", conclut M. Halleux.