Gazette de Liége

"Pour nous, la défense du patrimoine, c’est l’avenir"… tout est dit, ou presque. Cette année, la société royale Le Vieux-Liège fête ses 125 ans d’existence. Excusez du peu. Dès ce jeudi 28 mars, Le Vieux-Liège entame donc une série de conférences-rencontres qui s’étalera, en une dizaine de rendez-vous, durant toute l’année (détails sur www.levieux-liege.be).

C’est en 1894, le 20 février précisément, que se constitua ce "comité", grâce à la volonté notamment de Charles Florenville, peintre héraldiste et Charles-Jacques Comhaire, jeune juriste de 25 ans. Depuis ? Les fondements du mouvement n’ont nullement été ébranlés. "Nous défendons en effet toujours le patrimoine dans toutes ses formes et nous sensibilisons un large public", expliquent ses membres ; par des visites, des publications également mais aussi par ces combats menés à même la rue, liégeoise bien sûr….

Mais loin de se présenter comme des conservateurs, les membres de l’association Le Vieux-Liège se voient plutôt comme "des précurseurs". Ils le revendiquent en effet, "nous sommes une société ancienne mais pas une ancienne société".

Il faut dire que le Vieux-Liège n’a en effet rien d’une caste sectaire et moribonde. Présents sur tous les "fronts" urbanistiques qui le méritent ces dernières années, ils se sont aussi associés à plusieurs groupes de préservation du patrimoine naturel liégeois au sens large. Depuis les années 90 qui plus est, l’association n’est plus à présenter ; le tournant ayant été ce combat mené pour la place Saint-Lambert. "Depuis un quart de siècle, bien des choses se sont passées à Liège, explique Madeleine Mairlot, dans la foulée de l’occupation du site archéologique de la place Saint-Lambert pendant six semaines, au printemps 1992, un événement exceptionnel qui a éveillé dans la population une sensibilité nouvelle au patrimoine."

La place Saint-Lambert

En 1994, le Vieux-Liège rencontrait SOS Mémoire de Liège pour organiser le sauvetage des vestiges de l’hôtel de Cortenbach et la façade de la Populaire, qui fut le siège du Parti ouvrier belge de Liège. En 125 ans, ils ont eu l’occasion de marquer la ville de leur empreinte. On leur doit ainsi cette mobilisation et le sauvetage des anciens Bains de la Sauvenière, devenus Cité Miroir. Il en va de même du palais Curtius, de la maison Havart et des hôtels de Grady en Hors-Château et d’Ansembourg en Féronstrée. Sans oublier la porterie du Val Benoît.

Bien sûr, quelques déceptions ont émaillé le parcours du Vieux-Liège dont la plus récente (et sans doute l’une des plus amères) fut la démolition de la maison Rigo devant la nouvelle gare. Le quartier des Guillemins, dans son ensemble, fut d’ailleurs peu épargné par les "promotions" immobilières, constatent ces défenseurs du patrimoine liégeois.

Et demain ? "Nous sommes constamment en réflexion", assure encore Madeleine Mairlot qui évoque cette autre déception moins "classique" que fut la démolition de la Dentisterie à Bavière. Le Vieux-Liège y percevait un réel intérêt.

D’ici peu, les représentants de l’association rencontreront la nouvelle échevine du Patrimoine Christine Defraigne (MR) pour évoquer des dossiers d’actualité comme la préservation de l’observatoire de Cointe. Leur message et déjà prêt : la gestion du patrimoine liégeois ne fut pas à leur goût ces (125 ) dernières années. "Désormais, nous aimerions que cela se passe autrement." Combatifs dites-vous ?