Majorité C’est l’option vers laquelle on se dirige suite à l’éviction du Premier échevin, de quoi constituer un petit événement.

Ce n’est pas tous les jours que l’on s’apprête à vivre l’épilogue de pas moins de 106 années de présence d’une majorité absolue socialiste. C’est pourtant ce qui est en passe de se produire à Waremme, capitale de la Hesbaye, soit là où le PS régnait en maître jusqu’aux dernières élections communales.

En 2018, six ans après qu’un cartel dénommé Waremme Ensemble se soit formé afin de mettre fin à son hégémonie, le PS a certes conservé sa majorité absolue. Mais de justesse, avec 14 sièges sur 25, le collège emmené par le bourgmestre Jacques Chabot devant désormais faire face à deux groupes d’opposition.

La volonté exprimée à l’époque par ce dernier, lequel avait accepté de se présenter pour la première fois sous la bannière PS-IC, étant de poursuivre avec "une majorité soudée qui permettra de travailler à l’aise". Tellement soudée, diront les mauvaises langues, qu’elle a dû faire face à une importante défection récente.

À savoir en l’espèce celle du Premier échevin Albert Gérard contre qui un copieux dossier disciplinaire a été retenu par les instances socialistes. Lesquelles ont donc décidé récemment de son éviction du PS, ce dont a pris acte il y a peu l’Union socialiste communale. De quoi également ouvrir de nouvelles perspectives.

Ainsi, on a appris ce mercredi que des négociations en bonne et due forme ont été entamées avec le MR, se présentant sous la bannière Pour Waremme. Soit un groupe d’inspiration clairement libéral emmené par Raphaël Dubois qui totalise sept sièges. Lequel confirme qu’une première réunion a eu lieu la veille.

Si l’autre groupe d’opposition, à savoir Waremme Alternative, évoque "un mariage cousu de fil blanc" et dénonce "une forme d’hypocrisie des deux partis", ce dernier se défend d’avoir prémédité son coup. "Nous avons voulu être constructifs, notamment concernant le PST et le budget", affirme le probable futur nouvel échevin.

Et d’estimer que ce rapprochement entre PS et MR n’est pas dû qu’au cas personnel précité même si cela a tout de même clairement précipité les choses. En effet, la volonté du PS local étant de ne pas se contenter d’une majorité jugée trop courte, Albert Gérard désirant désormais sièger en tant qu’indépendant.

Des discussions en cours depuis août dernier

En réalité, les discussions en vue d’ouvrir la majorité communale remonteraient à août dernier. Soit le moment où Laurent Moor, chef de groupe PS-IC, avait aussi émis des réserves quant au cas Gérard. Ce que ce dernier, lorgnant un poste d’échevin, ne pouvait pas prévoir, c’est que le MR allait se rendre indispensable.

"Le PS fait ce qu’il aurait déjà pu faire au lendemain des élections", estime son chef de file. Désormais, ce sont les négociateurs locaux qui ont la main en vue du dépôt envisagé d’ici janvier d’un nouveau pacte de majorité répartissant les postes et les compétences. À cet égard, on ne sait encore que peu de choses.

Reste que lors du prochain conseil communal, une motion de méfiance individuelle à l’encontre du futur ex-Premier échevin devrait être adoptée. À en croire le bourgmestre pour qui la présence du MR à la Région a aussi joué, elle a été validée à l’unanimité par le groupe socialiste, en ce compris Laurent Moor. Mais c’est Catherine Claes qui sera échevine ad intérim.

Bruno Boutsen