Namur à moto? Ça dépend...

Si d'aucuns, en cette semaine de la mobilité, prônent l'usage du vélo, on reste persuadé qu'un deux- roues motorisé, certes plus polluant, est bien plus réaliste pour se déplacer aujourd'hui. On reste toujours interloqué de voir que, dans notre monde, tout va toujours plus vite... sauf la circulation. Et si le vélo est sans doute un excellent hobby, il nous paraît dépassé.

Frédéric Zielonka

Si d'aucuns, en cette semaine de la mobilité, prônent l'usage du vélo, on reste persuadé qu'un deux- roues motorisé, certes plus polluant, est bien plus réaliste pour se déplacer aujourd'hui. On reste toujours interloqué de voir que, dans notre monde, tout va toujours plus vite... sauf la circulation. Et si le vélo est sans doute un excellent hobby, il nous paraît dépassé. Un peu comme si les voitures étaient remplacées par des calèches...

Mais quel deux-roues motorisé choisir? La question du permis de conduire prime, bien sûr. Cela dit, un scooter, ou une mobylette, cubant 50cc peut très bien s'imaginer en milieu purement urbain mais se révèle... très vite limité dès qu'on veut s'aventurer hors des villes.

Pour marier les plaisirs (trajet quotidien campagne-ville, balade du week-end et... vacances), une véritable moto s'impose donc. Induisant directement une question: une moyenne ou une grosse cylindrée constitue-t-elle encore un bon plan pour se dépatouiller dans les bouchons?

C'est ce que nous avons testé, hier après-midi sur le coup de 16h-16h30, dans les rues de Namur, au guidon d'une grosse GT munie de valises. Un engin lourd (près de 300kg) et large, aux antipodes du petit scooter.

Une constatation saute vite aux yeux: il est possible de se faufiler mais pas partout, les motards ne bénéficiant malheureusement pas des mêmes largesses... légales que les cyclistes, qui sont de plus en plus nombreux à en... abuser. Mais c'est un autre débat.

Pour revenir à ce qui nous occupe, la rue Godefroid permet aisément de circuler à côté des voitures et de remonter la file jusqu'au feu rouge. Inversement, une telle pratique est impossible entre le boulevard Mélot et le pont des Ardennes sans faire appel à la tolérance des forces de l'ordre. Certains n'hésitent pas à emprunter la bande des bus mais il suffit, généralement, de longer (ou d'être à cheval sur) la ligne blanche séparatrice... et de faire appel au bon sens et à la courtoisie des autres conducteurs. Lesquels, malheureusement pour les motards, n'ont pas encore pris le pli, comme le font les Parisiens par exemple, de se serrer d'un (même) côté de la bande de roulage pour ouvrir un couloir aux deux-roues.

Cela dit, on convient que le comportement de certains motards, qui croient disputer le Grand Prix de Namur de vitesse pure, et de pas mal d'ados en scooter, qui n'ont visiblement rien à faire du code de la route, n'incite pas les automobilistes à faire preuve de fair-play dans cette compétition où chacun veut passer avant l'autre. Quoi qu'il en soit, une moto de plus sur la route, c'est une voiture de moins, et donc de la place en plus...

© La Libre Belgique 2005