Ecologie et convivialité au Verger

Neuf maisons bioclimatiques construites dans un ancien verger de 80 ares à Temploux, c'est l'habitat groupé d'une dizaine de familles rassemblées autour de valeurs écologiques communes: une Vie naturelle et de qualité, le recours aux Énergies renouvelables, le Respect de l'environnement, une Gestion rationnelle de l'eau, l'Eco-bioconstruction, et le Recyclage des déchets, pour un acronyme: Verger.

Chantal Godard

Neuf maisons bioclimatiques construites dans un ancien verger de 80 ares à Temploux, c'est l'habitat groupé d'une dizaine de familles rassemblées autour de valeurs écologiques communes: une Vie naturelle et de qualité, le recours aux Énergies renouvelables, le Respect de l'environnement, une Gestion rationnelle de l'eau, l'Eco-bioconstruction, et le Recyclage des déchets, pour un acronyme: Verger.

Outre leur philosophie commune inscrite noir sur blanc dans une charte, les habitants ont à gérer en commun le verger (35 ares), une mare où seront recyclées les eaux grises, un potager et une éolienne (en projet). Mais chacun a son «chez soi» et 4 à 6 ares de terrain privé.

Architecte hors du commun

C'est au salon Valériane 2003 que le projet a démarré avec un propriétaire initial qui s'était mis en quête d'y trouver des copropriétaires pour partager son rêve et son lotissement. La première pierre fut posée en automne 2004. «Nous construisons chacun selon nos moyens et nos goûts. Certains préfèrent construire en bois d'autres en matériaux plus traditionnels, comme des blocs silico-calcaires. Mais de toute façon, nous choisissons des matériaux sains», explique Patrick Auquière.

Les habitants du Verger recourent à un seul architecte très spécialisé (Hubert Sauvage) qui fait des recherches sur les matériaux. «Nous avons la chance d'avoir un architecte hors du commun qui cherche des solutions moins chères pour contenter les gens car parfois les finances nous obligent à changer nos choix. Nous ne sommes pas sur une ligne toute droite.»

C'est ainsi que Patrick Auquière et Anne Majois réalisent leur rêve de vivre dans une maison toute en bois.

Ossature, bardage et la plupart des murs sont en bois. Certains murs sont en argile. «Comme le bois, les murs en argile sont naturels et respirants. Ils régulent l'humidité et génèrent des économies de chauffage. Avec une température de 20 °, on a une impression de chaleur de 23 °, au contraire de maisons en pierre qui donnent une impression de froid», témoigne Patrick qui a construit lui-même une grosse partie de sa maison.

L'argile des murs de sa maison provient de la terre sur laquelle elle est construite. En guise d'isolation, de la cellulose à base de papier recyclé a été soufflée dans les parois, et un pare-vapeur permet une respiration idéale des murs.

Recours à l'eau de pluie

Le couple a choisi de se chauffer exclusivement avec un poêle à bois performant tandis que la majeure partie des habitants du Verger a recours à des pompes à chaleur qui chauffent l'air par électricité (de nuit) et le propulsent dans le sol et les murs - 1KW d'électricité produit 3KW de chaleur.

Par respect pour l'environnement, l'ensemble des maisons sont raccordées exclusivement à l'eau de pluie, récupérée dans des citernes enfouies dans le sol (deux citernes de 1 500 litres par maison).

L'eau de pluie est en partie filtrée et potabilisée tandis que les eaux usées seront rejetées et recyclées dans une mare commune après un passage dans des cuves de décantation et d'aération ainsi que par un plateau végétal filtrant. «Ce sera une mare vivante qui ne comportera pas d'eau fécale puisque nous avons recours aux toilettes à litières sèches qui alimentent le compost», explique Léon Mathy. «Cette méthode de compostage permet de rendre à la terre son azote».

Les législations et réglementations n'ayant pas encore intégré ce nouveau cas de figure, l'habitat groupé rencontre certaines difficultés. «Il n'y a pas encore de mode d'emploi de l'habitat groupé», s'exclame Anne Majois.

C'est ainsi que les habitants du Verger sont en litige avec l'Ideg. La société de distribution a raccordé jusqu'à présent deux maisons à l'électricité et refuse de raccorder les autres sans la construction d'une cabine aux frais des habitants à raison de 30 pc (17 000 euros), ce qu'ils refusent.

En attendant une issue au conflit, les habitants raccordés se transforment en pourvoyeurs d'électricité pour les habitants non raccordés.

Ce qui risque de générer des problèmes à l'approche de l'hiver. Voilà en même temps une façon de tester l'esprit de convivialité inscrit dans la charte du Verger.

Le V.E.R.G.E.R. : rue Lieutenant-Colonel Maniette, 58 - 5020 Temploux. Visite guidée le 24 septembre de 10 h à 17 h organisée par Nature et Progrès - tél.: 081.71.13.87 (P. Auquière).

Conférence le 2/09 à 13 h par Hubert Sauvage (architecte) et Léon Mathy dans le cadre du salon Valériane: «Habitat groupé, démarche participative».

© La Libre Belgique 2006