Thymolux, née du savoir-faire CER

Le Centre d'économie rurale, associé à Eurogentec, crée une entreprise de production de sérum. Et une trentaine d'emplois dans la foulée.Rencontre avec le nouveau directeur du CER, Jean-Claude Bouchat.

Marc Vandermeir

L'investissement en immobilier et matériel, à Marloie, est de "plusieurs millions" (on est ici dans le domaine médical et, concurrence oblige, discrétion et confidentialité sont de mise) et reflète la mise en valeur d'un savoir-faire pointu, à haute potentialité. Et pourtant fort ignoré dans l'opinion publique.

Spin-off

Thymolux, récemment constituée, n'est autre qu'une spin-off du CER, associé dans ce cas à cette autre spin-off qu'est Eurogentec.

Celle-ci est née en 1985 au départ de l'Université de Liège et spécialisée notamment dans la recherche biologique et chimique pour l'industrie pharmaceutique.

Et, s'il a fallu passer par la création de Thymolux, "c'est parce que le CER est une fondation d'utilité publique qui ne peut avoir d'activité commerciale", explique le nouvel administrateur-directeur du Centre d'économie rurale, Jean-Claude Bouchat. "Le contrat en question étant tout à fait commercial, il nous fallait donc passer par la constitution d'une société."

Les deux partenaires se connaissent bien car ils entretiennent une étroite collaboration.

"Nous avons avec une importante société pharmaceutique américaine un contrat de fourniture d'un sérum, explique Gotfried Proess, de Eurogentec. Thymolux assure la production car le CER dispose d'un excellent savoir-faire vu sa longue expérience dans la production de sérums." Le client final "utilise cette substance de base dans un médicament contre le rejet de greffe", ajoute le directeur Jean-Claude Bouchat.

Les travaux liés à l'investissement sont en cours et la pleine capacité de production ne sera atteinte que fin 2008, avec un objectif annuel de 10 000 litres de cette substance.

Outil économique important

Quant aux quelque trente emplois (minimum) créés, ils seront hautement qualifiés pour le personnel d'encadrement et de production avec formation au départ pour le reste, car il s'agit d'un travail de haute précision dans un environnement stérile. Ce contrat ouvre-t-il de nouvelles possibilités pour le CER ? "En tant que tel, non, répond M. Bouchat. Mais il se pourrait que notre savoir faire et nos recherches nous permettent d'autres opérations de ce type, que ce soit avec Eurgentec ou d'autres."

L'administrateur-directeur souligne l'importance du CER, institution provinciale de fait très méconnue au moins quant à cet aspect de son travail.

Le CER a été créé il y a 35 ans pour valoriser les produits de nos agriculteurs et développer un centre collectif de recherche.

"Il a été à ce point sollicité et ses recherches fructueuses qu'il compte aujourd'hui 130 personnes. C'est un outil économique important, qui travaille beaucoup avec les universités et dispose d'un fort potentiel de développement. Mais que, hormis les milieux concernés, très peu connaissent, et encore moins quant à sa valeur scientifique."

En développement

C'est précisément parce que le CER connaît ce remarquable développement qu'il fallait en étoffer la direction. Jean-Claude Bouchat était administrateur, on lui a proposé de devenir administrateur-directeur. Le nouveau promu aura à relever quelques défis.

Car malgré son ampleur, le CER a grandi un peu sur le tas. Or, il faut une gestion de pointe, notamment en ressources humaines, informatique, explique Jean-Claude Bouchat.

"Mon objectif est de professionnaliser la gestion, aussi bien en management qu'en marketing, en insufflant de nouvelles méthodes. Nous disposons de scientifiques de pointe qui accomplissent une recherche remarquable. Mais, à côté, il y a un certain manque de techniques de management, financières, de rentabilitéa etc. Amener ces techniques pour ancrer plus encore l'avenir du CER est la mission prioritaire que je me suis assignée."