Le procès des sorcières de Sugny : petit historique

Au XVIIe siècle, les procès en sorcellerie aboutissant à la pendaison et au bûcher étaient courants. Ils étaient instruits dans des conditions tragiquement primitives, avec aveux arrachés ou complétés sous la torture.

JDC

Au XVIIe siècle, les procès en sorcellerie aboutissant à la pendaison et au bûcher étaient courants. Ils étaient instruits dans des conditions tragiquement primitives, avec aveux arrachés ou complétés sous la torture.

D’après les chroniques, il y a des traces de procès à Herbeumont, à Bastogne, à Stavelot, à Muno, à Alle-sur-Semois, à Mézières, à Sedan ou à Nouzonville. Ce sont les procès de la différence. En général la rumeur était à l’origine de cette chasse aux sorcières. Un des plus fameux procès est sans conteste celui qui s’est déroulé à Sugny, au début de 1657 et qui mit en cause quatre femmes du village.

A l’époque, Sugny dépendait de la Cour souveraine de Bouillon et était gouverné par le seigneur de la Bische, personnage sombre et taciturne. L’affaire débuta par une série de décès que les villageois considérèrent comme suspects. Le seigneur de la Bische en fit de même. Ces malheurs étaient mis sur le compte de celles qu’on appelait sorcières à cause de leurs pratiques suspectes aux yeux des bonnes gens. L’une d’elles aurait eu "copulation charnelle avec un diable nommé Soufaque" .

Deux cents braves villageois étaient convaincus que Jeannette Huart, Marson Huart, Jenne Pihart et Jeanne Petit soupçonnées de sorcellerie en étaient responsables. Ils portèrent officiellement l’affaire devant le sire de la Bische. Après plusieurs semaines d’audition des quarante témoins à charge et de séances de torture, les quatre prévenues se reconnurent coupables des méfaits dont les accusait le tribunal.

Le 30 août 1657, la Haute Cour de Justice de Bouillon rendit les sentences : un an de cachot humide pour deux d’entre elles, bannissement pour la troisième et la plus célèbre, Jeannette Huart, fut pendue et brûlée le jour même.