Procès infanticide : le jury s'est retiré pour délibérer, après les derniers mots de l'accusée Valérie C.

Avant cette délibération, l'accusée a eu la parole, comme de coutume, une dernière fois.

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Procès infanticide : le jury s'est retiré pour délibérer, après les derniers mots de l'accusée Valérie C.
©D.R.

"Je n'ai jamais eu l'intention de tuer Nicolas. J'espère que là où il est, il arrivera à me pardonner", a déclaré vendredi matin Valérie C., 47 ans, accusée devant la cour d'assises de Namur d'avoir commis un infanticide sur son enfant prénommé Nicolas, qui venait de naître la nuit du 7 au 8 février 2012 à Arbre (Profondeville, province de Namur). Le jury s'est ensuite retiré, vers 9h15, pour délibérer sur la culpabilité de l'accusée. Les débats avaient débuté lundi. Cinq jours plus tard, les jurés doivent répondre à une seule question: "Valérie C. est-elle coupable d'avoir volontairement, avec intention de donner la mort, commis un homicide sur un enfant au moment de sa naissance ou immédiatement après, soit un infanticide?"

Avant cette délibération, l'accusée a eu la parole, comme de coutume, une dernière fois. Elle se dit bien consciente d'avoir des problèmes au niveau de la maternité et de la contraception mais elle travaille avec toute une équipe de spécialistes pour tenter de comprendre le cheminement qui l'a menée devant cette cour d'assises. Elle tente avec eux de comprendre pourquoi elle a été victime d'un déni de grossesse, une thèse que sa défense, représentée par Mes Preumont et Puissant, soutient depuis le début. "Je dois comprendre pourquoi Nicolas ne s'est pas montré, pourquoi je n'ai pas appelé Philippe (son conjoint, ndlr) cette nuit-là...", a-t-elle expliqué. Valérie C. ne savait pas avant cette nuit du 7 au 8 février 2012 qu'elle était enceinte, avaient plaidé Mes Preumont et Puissant.

Pour rappel, Valérie C. a eu trois enfants avec son premier mari (décédé en 2011), nés en 1995, 1997 et 1999. Elle vit avec eux et son compagnon depuis 2010, Philippe P. Elle a en outre eu trois autres enfants, nés en 2003, 2006 et 2009, qu'elle a confiés à l'adoption. Elle s'est exprimée lors de ses dernières paroles sur ces derniers. A leur sujet, elle a indiqué aux jurés qu'elle avait pu apparaître comme quelqu'un "sans sentiment", "un peu froide" et "comme une femme qui abandonne ses enfants". "Si j'ai eu besoin de les cacher, c'est parce que c'est un secret lourd à porter pour moi. J'avais peur en les révélant de leur regard, de leur jugement", a-t-elle déclaré en parlant de sa famille. "Il n'y a pas un seul jour qui passe où je ne pense pas à eux", a-t-elle ajouté.

Si Valérie C. est reconnue coupable, elle encourt une peine allant de trois ans à trente ans de réclusion. Cette peine d'emprisonnement pourra éventuellement être accompagnée d'un sursis, si elle ne dépasse pas cinq ans.