Ciney: le crématorium a son parc de mémoire sur trois hectares

Une autre approche de la mort et du souvenir des défunts.

L. S
Ciney: le crématorium a son parc de mémoire sur trois hectares

Une autre approche de la mort et du souvenir des défunts.

Planter un rosier ou un arbre dans un parc prend ici une dimension symbolique, mais aussi intime. Car aux pieds de ces plantations reposent les cendres d’une ou plusieurs personnes, avec différentes options, dont le caveau à urnes orné d’un rosier. Ce parc, qui s’étend sur 3 hectares, est le premier du genre dans les provinces de Namur et de Luxembourg. Forcément, puisqu’il correspond à la phase d’achèvement de l’unique crématorium de ce coin de Wallonie, celui de Ciney.

Ce vendredi après-midi, de nombreux édiles locaux inauguraient officiellement le parc. Un lieu de mémoire et de recueillement donc, pour les familles dont un défunt a fait le choix de l’incinération. Depuis la mise en activité du crématorium cinacien, voici trois ans quasiment jour pour jour, ce sont 5.600 familles dans ce cas.

Révélateur, comme le pressentaient de nombreux élus locaux, d’une réelle demande. "A l’époque, la dynamique avait été telle que qu’il n’avait fallu que cinq années pour concrétiser ce projet d’envergure", se souvient Luc Jadot, président de BEP-Crématorium. "Plusieurs communes namuroises avaient sollicité le Bureau économique de la Province, elles-mêmes interpellées par des concitoyens qui se plaignaient des distances à parcourir et des temps d’attente extrêmement longs dans les crématoriums existants. Un ensemble de 10 communes namuroises et luxembourgeoises, ainsi que les deux institutions provinciales elles-mêmes, s’associaient pour créer une nouvelle intercommunale, BEP-Crématorium, qui a vu le jour en 2007".

Ciney était choisie pour sa situation limitrophe et son accessibilité. Aujourd’hui, aux côtés des deux Provinces, 34 communes sont partenaires. Le parc, impeccable, dessiné par un paysagiste et dont l’entretien est totalement pris en charge par les jardiniers du crématorium, se veut un reflet de la qualité du service offert. "Il a été élaboré comme un ensemble cohérent et fonctionnel avec une vision à long terme, à plus de 40 ans, comportant de nombreuses phases successives, et comprenant notamment des cheminements et des équipements indispensables au recueillement des familles", assure Frank Dinneweth, administrateur délégué.

Au quotidien, le site cinacien est géré par son directeur, Patrick Cavé, qui anime une équipe de 8 personnes. Avec expérience : son parcours professionnel l’a mené dans le Sud de la France, à Paris, dans des zones clairement rurales et même dans les Caraïbes où il était en poste juste avant de venir dans le Condroz.