Migrants et élèves : la même passion du ballon rond

Un match amical s'est déoulé entre des élèves de Saint-Servais et des réfugiés du centre de Belgrade.

Migrants et élèves : la même passion du ballon rond
Benoît Aerts

Malgré la pluie et le retard suite à quelques petits soucis d’équipement, quatorze réfugiés du centre de Belgrade sont arrivés sourire aux lèvres mardi matin au terrain de football de l’Arquet. "Il pleut, mais ce n’est pas grave", lâche Waliou, un migrant béninois âgé de 27 ans. "Au pays, on jouait parfois au foot dans des conditions bien plus difficiles. Quand on aime, on se donne à fond."

Accompagné de migrants originaires de Guinée, Somalie, Afghanistan ou encore du Sénégal, Waliou était ravi de cette initiative de Pascal Charlier, directeur du collège Saint-Servais qui est aussi membre du collectif Citoyens solidaires Namur.

"Notre école a une section foot études et ce sont 8 élèves de 5e secondaire qui vont jouer avec eux", explique le directeur. "Au centre de Belgrade, on propose des cours de français et de nombreuses activités culturelles, mais les migrants sont aussi demandeurs d’activités sportives."

Sur le terrain, le professeur de football Arnaud Poels a pris le sifflet pour arbitrer les équipes. La première composée de 11 migrants, la deuxième des 8 élèves et de 3 migrants. "Le match s’est déroulé dans une bonne ambiance. L’équipe avec les élèves a vite ouvert la marque et c’est un migrant qui a marqué, il était tout heureux. Il y avait un joueur qui a évolué en D2 camerounaise parmi les réfugiés. Il y en a aussi un au centre de Belgrade qui a joué en D1 syrienne, mais il n’était pas là."

Pour l’anecdote , les élèves ont gagné le match de 2 fois 30 minutes sur le score de 5-0. "Mais les migrants ont déjà demandé leur revanche car ils disaient que ça faisait longtemps qu’ils n’avaient plus joué."

Un score final bien sûr anecdotique. C’est la rencontre en elle-même qui fut enrichissante pour les uns et les autres. "Ils ont discuté et fait des photos ensemble après le match", dit encore Arnaud Poels.

Quant au directeur de l’école, il envisage déjà une suite à ce match. "Malgré la barrière de la langue pour certains, ils ont pu échanger. On va certainement profiter de cette rencontre pour donner un prolongement à cette expérience via certains autres cours que le foot." B.Ae.

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