Florennes: emplois menacés à Saints-Pierre-et-Paul

Les élèves ont manifesté en musique pour soutenir leurs professeurs.

Adam Marie
Florennes: emplois menacés à Saints-Pierre-et-Paul
©DR

Janik Vanhack enseigne en section animation à l’école Saints-Pierre-et-Paul de Florennes depuis cinq ans. Elle a suivi une formation d’ergothérapeute avant de passer son certificat d’aptitudes pédagogiques. Mais voilà qu’aujourd’hui, son avenir au sein de l’école s’assombrit. Une réforme sur les titres et les fonctions entrera en vigueur à la rentrée prochaine et, d’après ce nouveau cadre, Janik Vanhack ne pourra plus enseigner ses matières.

"Je n’ai pas le diplôme adéquat pour donner ces cours. Par contre, la réforme me permet de donner d’autres cours correspondant à mon diplôme, cours pour lesquels je ne me sens pas du tout compétente", souligne l’enseignante. "La conséquence est que je passerai d’un temps plein à zéro heure de cours en septembre."

Mercredi, plusieurs dizaines d’élèves des deux sites de l’école Saints-Pierre-et-Paul ont manifesté leur soutien aux enseignants concernés par cette réforme, sur invitation de la classe de 5e technique animateurs. Ils ont fait du bruit en musique durant une mhierinute.

"Plusieurs professeurs risquent de perdre des heures ou leur job. Nous sommes tous concernés", ont-ils scandé. Cette action a touché les principaux concernés.

"Nous avons un contact différent avec nos élèves. Leur mobilisation est une belle reconnaissance de notre travail. Je suis très touchée", confie Janik Vanhack.

Stéphanie Menga dispense les cours d’art et d’expression et jusqu’à mercredi soir, son emploi était aussi menacé. "Je suis licenciée en art dramatique, mais ce diplôme ne me permet plus de donner mes cours d’art et d’expression. Au final, je suis sauvée car je suis nommée, mais je pense à tous mes collègues qui ne le sont pas. On a la sensation d’être oubliés, que c’est une profonde injustice. C’est encourageant de voir que les élèves sont derrière nous."

Des dérogations

Des demandes de dérogation vont être introduites au ministère de l’enseignement pour revoir cette réforme, mais l’espoir est faible dans le rang des enseignants. "C’est toujours compliqué de faire bouger les choses", termine Janik Vanhack. Les élèves, eux, sont prêts à mener d’autres actions si cela se révèle nécessaire.M.Ad.