Eldorado à Namur : permis refusé

Le dossier de sa transformation en commerces et logements est recalé, mais…

L.S.
Eldorado à Namur : permis refusé

La saga titille les milieux cinéphiles namurois depuis le début de l’année. Mi-janvier, on apprenait que Sogefibel, une société de gestion financière et immobilière implantée rue de Waterloo, à Uccle, avait déposé une demande de permis intégré pour transformer le cinéma Eldorado (toujours propriété de la famille Vanschel) en deux surfaces commerciales d’une superficie totale de 2 560 m² d’une part, et créer 12 logements d’autre part.

De quoi amener le spectre d’une fermeture d’un des deux cinémas historiques du centre-ville, qui plus est rue de Fer juste à côté de l’hôtel de ville. Mais avec des inconnues. Car Isabelle Vanschel expliquait son attachement à l’Eldorado (toujours en activité, parallèlement à l’Acinapolis à Jambes, l’autre fleuron familial), que rien n’était décidé de manière définitive, qu’elle ne souhaitait pas vendre sauf si elle en était "contrainte et forcée".

Contrainte par exemple par cette "concurrence déloyale" que constituerait la réouverture du Caméo suite à une rénovation de fond en comble essentiellement soutenue par des deniers publics (la Ville est propriétaire du bâtiment) avant d’en céder la gestion à l’ASBL Les Grignoux.

En février, après enquête publique, la Ville avait remis un avis favorable (mais conditionné) au projet. Sauf que, s’agissant d’une surface commerciale de plus de 2 500 m2, il appartenait à la Région de trancher, sur base de l’avis d’une série d’instances, entre autres des communes avoisinantes. C’est fait : le fonctionnaire délégué en charge a refusé le permis d’urbanisme, en l’état du dossier.

Ce qui ne signifie pas l’enterrement du projet. Comme le fait remarquer l’échevine Stéphanie Scailquin, en charge de l’Urbanisme, le principe de transformer l’Eldorado en commerces et en logements n’est pas remis en cause. Les considérations sont en fait urbanistiques : l’accès uniquement par l’arrière et la venelle des Capucins pose notamment des problèmes de sécurité incendie, pas de valorisation de la façade côté rue de Fer, l’extension par l’arrière est jugée trop massive. Bref, il reste plusieurs portes ouvertes, comme la révision du projet ou l’introduction d’un recours. La saga continue…