Loverval: campagne solidaire à l’Institut Notre-Dame

Une campagne pilote de collecte de fonds est organisée.

D. A.
Loverval: campagne solidaire à l’Institut Notre-Dame

Pour financer son action, l’Œuvre nationale des aveugles (Ona) a besoin de l’aide des privés : "les subsides ne représentent en effet que 35 % de notre budget", indique Pierre De Roover, accompagnateur scolaire.

C’est dans ce cadre que l’Institut Notre-Dame de Loverval (INDL) vient de participer à une campagne pilote de collecte de fonds. "Pendant deux semaines, les 740 élèves de l’enseignement secondaire ont été invités à vendre des stylos au profit de l’association, en compagnie de leurs titulaires de classe."

Au bout du compte, plus de 2 500 stylos ont été vendus, soit un bénéfice de 1 750 euros. L’initiative pourrait être étendue dans d’autres écoles de la région de Charleroi, partenaires ou non partenaires de l’Ona.

Depuis septembre , l’INDL accueille un élève non-voyant : Jules Fagnart a intégré une classe ordinaire de première année d’humanités, il suit les cours avec l’aide de ses accompagnateurs scolaires, Pierre De Roover et Michele Talluto. L’équipe pédagogique a d’emblée soutenu ce projet. Ce n’était pas évident : parce que 80 % de l’apprentissage passe par le visuel, la manière d’enseigner doit compenser le handicap. Le prof doit accorder plus de poids aux mots pour aider l’enfant aveugle à fabriquer ses propres images mentales, il lui faut adapter les exercices et les tests au matériel scolaire. Jules mesure les distances à l’aide d’une latte graduée tous les 5mm, il trace les lignes avec une table à dessin équipée d’un poinçon.

Les schémas imprimés

Les manuels ont été traduits en braille, les images et les schémas doivent être imprimés en relief pour en permettre la lecture. Là aussi, l’expérience porte ses fruits. "Depuis le début de l’année, les résultats de Jules ont été très corrects", commente Pierre De Roover qui le suit depuis le primaire. "S’il réussit ses examens, il devrait passer sans aucune difficulté en deuxième." Pour sensibiliser les classes à l’importance de la campagne de vente des stylos, les travailleurs de l’Ona leur en ont présenté les enjeux en mai, lors de courtes rencontres d’une dizaine de minutes. "Tous étaient au courant de la présence de Jules au sein de l’établissement. C’est donc avec enthousiasme qu’ils ont relevé le défi."