La dernière poissonnerie de Namur ferme ses portes

Après 30 ans passés en face du théâtre, Les Embruns vont fermer définitivement.

Magali Veronesi
La dernière poissonnerie de Namur ferme ses portes

Les amateurs de poissons sont déçus. Les nostalgiques de Namur au XXe siècle aussi. Alain Delfosse, qui tenait la poissonnerie Delfosse rue des Croisiers avant d’ouvrir Les Embruns, a décidé de prendre sa retraite après avoir travaillé 45 ans à son compte. Résultat : il n’y aura bientôt plus de poissonnier du tout à Namur. En même temps que pas mal de petits commerces de tradition, la capitale wallonne est en train de perdre une partie de ses repères et de son savoir-faire… Car le patron sur le départ n’a trouvé personne pour reprendre l’affaire et le fond de commerce.

"Cela fait trois ans que nous essayons de trouver un repreneur pour la poissonnerie. Nous n’en avons pas déniché. Par contre, un candidat nous a proposé de racheter le bâtiment. Comme nous sommes aussi propriétaires de l’immeuble, nous avons accepté", explique celui qui profitera bientôt d’une retraite bien méritée.

Des réductions le 15 octobre

Dès la fin de l’année , le bâtiment sera transformé en bureaux et, à l’heure actuelle, aucun projet commercial n’est envisagé pour le rez-de-chaussée. Quant au matériel de poissonnerie et à la marchandise congelée restante, ils seront vendus avec une forte réduction le 15 octobre. "Il faudra aller faire la file au marché le samedi matin ou alors se rabattre sur les supermarchés pour les plateaux de fruits de mer en fin d’année. Mais ce ne sera pas pareil : ils n’ont pas le même choix, la même qualité ni la même expertise" se désole Martine, une cliente fidèle qui se dit inconditionnelle des croquettes de crevettes maison qu’elle venait déguster du côté restaurant.

Heureusement, en matière de restaurants spécialisés en poissons et fruits de mer, il en reste deux à proximité : "L’Ancre Terre et Mer" à Jambes et "L’Entre Sambre et Mer" rue des Brasseurs. Tant qu’ils tiennent le coup. Car le Namurois ne semble pas tendre avec les restaurants de poissons : à Bouge, "L’Artimon" n’a pas eu le temps de prendre ses marques qu’il a dû fermer ses portes faute de clientèle suffisante. Le poisson est en effet une matière fraîche tellement fragile qu’il nécessite un débit suffisant pour éviter les pertes. Namur n’est pas proche de la mer…M.V.