Namur: la friterie du parc dopée par le jeu Pokémon Go

Pendant le blocus, il y avait bien les étudiants qui venaient étudier sur les pelouses. Mais jamais n’avait-on vu une population aussi dense et jeune que depuis la mi-juillet !

Magali Veronesi
Namur: la friterie du parc dopée par le jeu Pokémon Go

Quand un jeu virtuel a des conséquences concrètes sur le chiffre d’affaires.

La population qui fréquente le parc Louise-Marie a bien changé depuis l’arrivée du jeu sur smartphone Pokémon Go. L’été, on y retrouvait des familles avec enfants qui s’attardaient du côté de la plaine de jeux, des lecteurs qui s’installaient au calme sur les bancs et des maîtres de chiens qui arpentaient les allées. Pendant le blocus, il y avait bien les étudiants qui venaient étudier sur les pelouses. Mais jamais n’avait-on vu une population aussi dense et jeune que depuis la mi-juillet !

Le premier à en profiter, c’est Ta-Hua, le propriétaire de la friterie du parc. Son affaire a pris un essor soudain "Ça n’arrête pas. Comme les joueurs restent une bonne partie de la journée, voire du matin au soir, il faut bien qu’ils mangent et qu’ils boivent donc ma friterie cartonne."

Le commerçant a décidé de s’adapter aux horaires de ses clients. "Avant, je fermais entre 14 heures et 16 heures environ; maintenant, je fais du non-stop. Avant, je fermais vers 21 heures car il n’y avait plus personne dans ce coin-ci de Namur. Depuis que le jeu a débarqué, je ne ferme pas avant minuit. J’assure le ravitaillement !", rigole-t-il. Sa meilleure journée ? Dimanche dernier, lorsqu’un bon millier de joueurs venant de toute la Belgique s’étaient donné rendez-vous dans le parc.

Frites et batteries de téléphone

Il faut dire qu’il est bien placé pour les comprendre puisque Ta-Hua est lui-même un chasseur de Pokémon quotidien. "Malheureusement, je suis mal placé ici au coin du parc donc je n’avance pas très vite. Parfois, je descends jusqu’en bord de Sambre pour me dégourdir les jambes et je progresse un peu sur le chemin. Mais jusqu’ici, je n’ai atteint que le niveau 11. Je ne joue qu’une demi-heure par jour. C’est loin derrière les jeunes en vacances qui passent des heures sur le jeu chaque jour !"

Outre les snacks de friterie (frites, fricadelles), les produits asiatiques (riz, nouilles, nems…) et les boissons, Ta-Hua songe à ajouter un gadget à son étalage. "Comme ils jouent pendant des heures, ils ont bien besoin de batteries portables. J’ai un moment pensé à en vendre. Mais je ne sais pas combien de temps durera la mode Pokémon donc je ne sais pas si je vais le faire", lance-t-il, presque en boutade.

Insolite : la Citadelle de Namur aussi veut séduire les chasseurs de Pokémon. Devant l’engouement pour le jeu sur smartphone, ils veulent avoir leur part de gâteau. "Du lundi 1er au vendredi 5 août, de 10 heures à 17 heures, des leurres Pokémon seront activés à Terra Nova toutes les heures", annonce-t-elle pour attirer le chaland.


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